Dans un effort de libéralisation économique et face à un déclin alarmant de sa production agricole, le gouvernement de Cuba a décidé de lever le monopole d'État qui régissait la vente de produits agricoles. Conformément à une annonce faite jeudi dans le Journal officiel, les agriculteurs indépendants, coopératives et petites entreprises privées seront désormais libres de vendre directement leurs produits sur le marché.
Historiquement, l'État contrôlait presque entièrement la commercialisation agricole, n'autorisant que des ventes d'excédents. Ce changement s'inscrit dans le cadre d'une politique visant à encourager la diversification économique sur l'île, parmi les plus touchées par les effets conjugués des sanctions américaines et de l'effondrement de son système économique centralisé, comme l'explique le économiste Juan Carlos Ramos lors d'une interview avec Le Monde.
La production agricole à Cuba a chuté de 52 % entre 2018 et 2023, selon le Centre d'études de l'économie cubaine de l'Université de La Havane. La crise actuelle du secteur est exacerbée par le blocus économique, les défaillances structurelles de l'économie et une réforme monétaire inachevée. Face à cette crise, le gouvernement a promis plusieurs réformes dans le but de relancer l'économie, incluant la récente autorisation d'importations de carburant par des entreprises privées, rompant ainsi avec le monopole d'importation de l'État.
Perspectives d'avenir pour le secteur privé
Le potentiel des entreprises privées, qui avaient été interdites durant près de cinquante ans, commence à se réaliser depuis leur réhabilitation en 2021. Leurs contributions à l'économie pourraient être significatives, surtout si l'on considère que ces acteurs sont désormais encouragés à investir, y compris ceux de la diaspora cubaine aux États-Unis, dans un marché en pleine évolution. Comme le stipule un rapport de CNN, cette ouverture marque un tournant potentiellement positif pour l'économie cubaine, toujours en lutte contre les embargos internationaux.







