Ce dimanche, sept élections se sont conclues par une égalité parfaite, un fait marquant qui soulève des questions. À Tournefeuille, par exemple, deux candidats ont chacun obtenu 6262 voix, mais au final, seulement l'un d'eux a été élu maire. Voici les explications.
C'est un adage bien connu en période d'élection : chaque vote compte. Et ce n'est pas simplement une formule, comme l'a prouvé les élections municipales récentes en France.Les scrutins de ce week-end ont révélé des résultats étonnants. À Oloron-Sainte-Marie, une commune des Pyrénées-Atlantiques, Marie-Lyse Bistué a été élue avec une seule voix d'avance sur son concurrent, Clément Servat : 2514 voix contre 2513. La même situation s'est produite à Tournefeuille (Haute-Garonne), où Frédéric Parre a légèrement devancé Laurent Soulié, avec 6262 voix pour l'un et 6261 pour l'autre.
Dans des communes plus petites, des égalités totales ont été constatées dès le premier tour. À Pontpoint, dans l'Oise, par exemple, David Melo Pena et Bruno Dauguet ont chacun recueilli 661 voix. Au second tour, David a réussi à s'imposer avec un écart de plus de 100 voix.
Sept égalités parfaites
Mais que prévoit la loi lorsque deux candidats arrivent à égalité lors du second tour ? Les articles L253 et L262 du code électoral apportent une réponse claire. Selon ces articles, lorsque des listes obtiennent le même nombre de voix, les sièges sont attribués à la liste dont les membres ont la moyenne d'âge la plus élevée. Cette règle, inspirée du droit romain et mise en place en France par une loi de 1884, vise à garantir la sagesse dans la gestion des affaires publiques.
Selon l'Agence France-Presse (AFP), cette année, sept communes se sont retrouvées dans cette situation délicate. À Val-de-Scie, par exemple, la liste de Christian Suronne, avec une moyenne d'âge de 57 ans, a remporté 21 sièges, tandis que celle d'Adèle Bourgis a obtenu le même nombre de voix, mais sa liste avait une moyenne d'âge de seulement 48 ans.
Parmi ces communes, deux avaient déjà connu une égalité au premier tour. À Romazières, Pierre-Bastien Montigny et Sylvette Geoffroy ont chacun obtenu 29 voix, après avoir totalisé 28 au premier tour. À Seignalens, Julia Thompson et Claudine Cavicchiolo ont également terminé à égalité avec 16 voix, améliorant leurs résultats respectifs de 15 voix au premier tour.
Une règle contestée par le passé
La règle de départage par l'âge n'est pas nouvelle, mais elle est parfois controversée. En juillet 2024, par exemple, un scrutin interne à l'Assemblée nationale a vu Charles de Courson, âgé de 78 ans, remporter le poste de rapporteur général du budget de l'État simplement en raison de son âge, face à Jean-René Cazeneuve, plus jeune de six ans.
Cependant, cette méthode de départage ne reçoit pas toujours un accueil positif. Le sénateur Michel Raison a proposé une réflexion sur sa légitimité en 2019, soulignant qu'une équipe municipale élue grâce à une moyenne d'âge plus avancée pourrait poser problème en termes de légitimité démocratique. Il a suggéré qu'un troisième tour de vote pourrait être une solution plus adéquate pour départager les listes, mais sa proposition n'a pas abouti.







