En Seine-Maritime, les dernières élections municipales ont été marquées par des résultats inattendus loin des grandes villes. À Yvetot, une commune qui votait à gauche depuis 2008, le maire sortant a été défait par son concurrent de droite d'une marge de seulement 64 voix. Ce dimanche, 24 des 708 communes du département étaient en lice pour le second tour des élections, et le résultat a été plutôt stable dans les deux principales agglomérations. À Rouen et Le Havre, Nicolas Mayer-Rossignol (PS) et Edouard Philippe (Horizons) ont été largement réélus, signalant un ancrage politique solide.
A Rouen, où l'abstention a enregistré une hausse entre les deux tours (52,01% contre 49,29% lors de la première semaine), le maire sortant a reçu 48,14% des suffrages. Il entamera alors son second mandat en s'entourant d'alliés écologistes et communistes. « Dans un monde global très perturbant, notre priorité est de préserver le local ici à Rouen, en en faisant un bastion de stabilité », a déclaré Nicolas Mayer-Rossignol, qui continuera également à diriger la métropole Rouen-Normandie, où la gauche demeure majoritaire.
Sa principale adversaire, Marine Caron, centriste, a terminé avec plus de 20 points de retard, à 26,43%. Malgré la présence d'une liste de gauche plus radicale, emmenée par Maxime Da Silva, qui a obtenu 14,11% des voix, LFI fera son entrée au conseil municipal avec trois colistiers. Le Rassemblement national y siégera également avec trois représentants, dont le jeune Grégoire Houdan, dont le score a légèrement chuté par rapport au premier tour.
Une femme à la barre à Yvetot : une première !
Contrairement aux attentes, le sortant a perdu dans plusieurs communes, surtout dans le pays de Caux, où Yvetot et Saint-Valery-en-Caux ont renouvelé leur équipe municipale avec des résultats très serrés. À Yvetot, Francis Alabert (Divers gauche), qui s'était imposé au premier tour, a dû céder face à Dominique Taladun-Chauvel (Divers droite), une élue d'opposition depuis 2020. Cette dernière devient ainsi la première femme à diriger la ville. Ce changement est jugé surprenant pour une commune qui a historiquement voté à gauche.
Yvetot a été le théâtre de vives critiques durant la campagne concernant la proximité de la nouvelle maire avec le Rassemblement national. Néanmoins, elle a su conquérir les électeurs avec un écart infime. À Saint-Valery-en-Caux, le candidat Bertrand Buirette, à la tête d'une liste dite « citoyenne », a également remporté une victoire étroite face au sortant Benjamin Gorgibus, avec seulement 8 voix d'écart.
La petite commune de Val-de-Scie fait également parler d'elle, ayant enregistré un résultat spécial : les deux listes en lice ont obtenu exactement le même nombre de suffrages, 642. Dans un rare cas de délibération complexe, la préfecture a dû se référer au code électoral pour désigner le vainqueur. C'est finalement le maire sortant, Christian Suronne, qui a été reconduit grâce à la règle de la moyenne d'âge des candidats. En effet, la loi privilégie ici l’expérience, selon l'article L. 262, prouvant que parfois, l'âge fait la différence dans le monde politique.







