Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel, a récemment demandé des explications au ministère de l'Économie, suite aux déclarations d'Éric Lombard, ancien ministre sous François Bayrou. Lombard a affirmé dans un entretien avec Libération que plusieurs milliers de personnes parmi les plus riches en France ne paient « aucun impôt sur le revenu ».
Cette révélation, basée sur les analyses de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), a choqué l'opinion publique. Lombard a précisé que ces individus, bien que fortunés, affichent un revenu fiscal de référence de zéro, ce qui les exemptent d'impôts. Selon lui, « ils se font rémunérer dans des holdings, évitant ainsi des charges sociales ».
Une problématique fiscale préoccupante
Les propos d'Éric Lombard n’ont pas manqué de susciter la controverse, faisant écho à des critiques déjà exprimées par divers économistes et organisations, comme l’association Attac. Gabriel Zucman, éminent économiste engagé pour l'équité fiscale, a jugé ces accusations « édifiantes », insistant sur le fait que notre système fiscal « échoue dramatiquement à faire contribuer les hauts revenus ».
En réponse, Éric Coquerel a formellement demandé à la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, de lui transmettre toute documentation pertinente liée à cette constatation. Cette demande est fondée sur son autorité en tant que président de la commission des finances, qui lui permet d'accéder à des notes et analyses émanant des services de la DGFiP.
Cependant, la DGFiP a réagi en se refusant à commenter les propos de Lombard, tout en rappelant que l'administration est soumise à des obligations de secret fiscal. Bercy, pour sa part, n'a pas encore répondu aux sollicitions des médias.
Ce débat illustre une préoccupation croissante autour de l'équité fiscale en France, question qui reste au cœur des priorités politiques et économiques du pays.







