Mercosur : un accord enfin à portée de main après des années de tensions

Après 25 ans de négociations, l'accord Mercosur pourrait être signé. Quel impact pour l'agriculture ?
Mercosur : un accord enfin à portée de main après des années de tensions

Le plus vieux projet commercial de l’Union européenne s'apprête à connaître son dénouement. Après plus de 25 années de discussions, l’accord entre l’UE et les membres du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) est sur le point d'être signé, potentiellement dès le 9 janvier, sous l'égide d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Pourtant, la colère des agriculteurs, notamment en France, est loin d'être apaisée, alimentant un climat de tension qui pourrait peser sur les décisions politiques finalisant cet accord.

Ce long processus, qui a débuté dans les années 1990, vise à faciliter les échanges entre les deux blocs. L'accord permettrait l'accès d'une large gamme de produits agricoles sud-américains sur le marché européen, dont la viande, le sucre et le soja. En retour, l'Union européenne espère ouvrir des marchés pour ses produits industriels et de haute valeur ajoutée. Cependant, cette ouverture suscite des craintes parmi les agriculteurs européens, qui redoutent une concurrence accrue et une diminution de la valeur de leurs produits.

Un des derniers obstacles à l'accord a été le revirement de l'Italie, dirigée par Giorgia Meloni, qui avait précédemment affiché des réserves. Au dernier Conseil européen, Meloni avait demandé un délai supplémentaire pour convaincre son Parlement des avantages que pourrait offrir cet accord. Cependant, en ce début d'année 2026, l'Italie semblerait prête à donner son soutien, ce qui constitue un changement significatif compte tenu de l'importance de la position italienne en Europe. Des pays comme l'Allemagne et l'Espagne soutiennent déjà l'accord, ce qui augmente les chances d'une adoption rapide, malgré la résistance de la France face à la colère du monde agricole.

Il est important de noter que toutes les filières agricoles ne seront pas touchées de la même manière. Certains secteurs, comme le vin et les spiritueux, pourraient bénéficier de la suppression des droits de douane, qui s'élèvent entre 20 et 27 pour cent, favorisant l'accès à de nouveaux marchés sud-américains. En revanche, le secteur de l'élevage connaît des inquiétudes majeures, surtout en France. L’accord permettrait l'importation de 99 000 tonnes de viande bovine par an, soit environ 1,6 % de la production totale de l'UE, et 180 000 tonnes de volaille. En échange, des entreprises européennes accèderaient à un marché immense de 270 millions de consommateurs en Amérique du Sud, qui est actuellement protégé par des barrières douanières considérables.

La signature de cet accord marquerait la fin d'un long processus de négociations, mais ne suffira probablement pas à apaiser les tensions au sein du secteur agricole. Comme le souligne une analyse de Le Monde, les agriculteurs français continuent de s'inquiéter des répercussions économiques de cet accord, qui, bien que prometteur pour certains secteurs, semble déséquilibré pour d'autres. Le chemin vers une ratification complète reste pavé d'incertitudes alors que les discussions se poursuivent.

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