Le 7 janvier, le Sénat français a dit non à la proposition de loi socialiste qui visait à accorder un statut de fonctionnaire aux Accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Ces professionnels essentiels, au nombre de 145 000 d'ici 2025, jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre de l'école inclusive, tel que stipulé dans la loi de 2005.
Le texte, soutenu par le gouvernement d'un côté et combattu par la droite sénatoriale et ses alliés centristes de l'autre, a été rejeté malgré les signalements alarmants concernant la situation actuelle des AESH. En effet, au début de l'année scolaire, près de 49 000 élèves attendent encore un soutien adapté à leurs besoins. La sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier, l'une des signataires du texte, a exprimé son inquiétude : « L'école inclusive est au bord de l'implosion. Il y a urgence. »
Le salaire des AESH, environ 850 € par mois, couplé à des conditions de travail souvent précaires — avec du temps partiel subi — fait de cette profession un domaine où la reconnaissance est très attendue. La proposition de loi envisageait de créer un « corps de fonctionnaire d'État de catégorie B pour les AESH », avec une formation théorique appropriée et, surtout, une rémunération équitable permettant un temps plein.
Les arguments des opposants, comme ceux exprimés par Max Brisson des Républicains, soulèvent des craintes de rigidité supplémentaire dans un système déjà fragile. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu la situation atypique des AESH, précisant : « Il n'existe que des fonctionnaires à temps complet. » Il a également souligné le coût de cette réforme, évalué à 4,3 milliards d'euros, ce qui a renforcé l'argumentaire de ceux qui ont rejeté le texte.
Les retours d'expérience des AESH et des spécialistes de l'éducation, comme le rapport de France Info, confirment les effets nocifs de la précarité sur les enfants porteurs de handicap. « Si nous restons dans le statu quo, nous assisterons à de nouvelles démissions et à des élèves de nouveau laissés sans attention adéquate, » a averti la socialiste Colombe Brossel. Les perspectives sont donc inquiétantes pour un secteur déjà sous pression, et les appels à une réforme signifiante ne cessent de s'intensifier dans l'espoir de garantir un avenir meilleur pour les élèves handicapés et leurs accompagnants.







