Dans un contexte d'incertitude pour le monde agricole, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole dans une lettre adressée aux agriculteurs dimanche dernier. Ce message, envoyé juste avant des rencontres avec les principaux syndicats du secteur, vise à apaiser les craintes des éleveurs face à une situation en pleine ébullition.
Le gouvernement s'engage à respecter les préoccupations des agriculteurs, notamment en ce qui concerne les impacts de l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse, qui affecte certains cheptels de bovins. Lecornu a ainsi assuré que des efforts seront déployés pour soutenir l'exportation de bétail vacciné.
Un autre enjeu majeur abordé est l'importation de produits agricoles sud-américains contenant des substances interdites en Europe, comme le mancozèbe et le glufosinate. Le Premier ministre a promis des arrêtés suspendant ces importations, une décision attendue par les agriculteurs qui dénoncent une concurrence déloyale face aux normes européennes. Cette annonce doit cependant recevoir l'aval de Bruxelles, ce qui soulève des interrogations sur sa mise en œuvre.
Concernant le budget de la politique agricole commune, Lecornu a rassuré que les fonds ne baisseront pas, s'alignant ainsi avec les attentes du secteur. « Le soutien aux équipements hydrauliques agricoles sera triplé », a-t-il ajouté, soulignant l'importance de l'eau dans l'agriculture. En revanche, de nombreuses organisations, dont la FNSEA, jugent ces mesures « insuffisantes » pour répondre aux véritables problématiques économiques des agriculteurs, soulignant la nécessité d'une loi d’exception pour améliorer la situation.
La situation des agriculteurs reste préoccupante, avec des revenus en stagnation depuis plusieurs années. Jean-Pierre Fleury, un expert agricole, a exprimé ses doutes quant à l'effectivité des mesures promises, indiquant que des actions plus concrètes sont indispensables pour revitaliser un secteur en pleine crise. Alors que les discussions avec les syndicats se poursuivent cette semaine, il est impératif pour le gouvernement de démontrer un engagement tangible pour réellement soutenir les agriculteurs dans leur lutte pour la survie.







