Accusé d'avoir exposé les magistrats après la tragique disparition de la petite Lyhanna, le ministre de la Justice fait face à une vague de mécontentement au sein de la profession. Dans un communiqué, l'Union syndicale des magistrats (USM) exprime sa perte de confiance envers Gérald Darmanin.
L'affaire de Lyhanna met en lumière des dysfonctionnements alarmants dans le système judiciaire français. Jérôme Barella, le suspect identifié, n'avait jamais été inquiété malgré une plainte pour agressions sexuelles déposée par une jeune victime moins d'un an auparavant. Suite à ces révélations difficiles, le ministre a demandé une enquête administrative, mais a également sanctionné un substitut de la procureure d'Auch sans attendre les résultats finaux de l'enquête. Cette réaction précoce est perçue comme une atteinte à l'intégrité des magistrats par ces derniers.
Le 26 juin, l’Union syndicale des magistrats (USM) a publié un communiqué, relayé par La Voix du Nord, soulignant que le garde des Sceaux avait "perdu la confiance" des magistrats pour les avoir exposés à la vindicte populaire, sans jamais remettre en question sa propre responsabilité.
La responsabilité partagée
« Votre attitude a pu être perçue comme une tentative de vous couvrir et d'éviter que votre propre responsabilité ne soit mise en évidence », a déclaré Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’USM, dans le communiqué. Il a appelé à ne pas oublier que la responsabilité des magistrats est également engagée, tout comme celle du ministre.
Concernant la procédure disciplinaire lancée contre le substitut de la procureure d'Auch, Aurélien Martini a insisté : "Il y aura des boucs émissaires, c'est évident. Si des fautes personnelles sont avérées, elles seront sanctionnées. Cependant, votre responsabilité demeure entière et nous veillerons à ce qu'elle soit rappelée conformément aux faits." Cette affaire soulève donc une question essentielle sur la responsabilité au sein des institutions judiciaires, un débat qui est loin d’être clos.







