À La Guaira et à Caracas, après les récents séismes, la population se retrouve à gérer seule la catastrophe. Victimes d’une crise profonde, les Vénézuéliens n'ont pas reçu l'assistance nécessaire pour retrouver leurs proches disparus, se tournant vers leurs propres efforts pour chercher dans les décombres, sans aucune aide de l'État.

Karina Blanco, après près de vingt-quatre heures de recherche, a enfin trouvé le statut de sa fille Fabiana, âgée de 12 ans, mis à jour par la plateforme citoyenne Tal Cual Digital. Cependant, l'incertitude demeure : des milliers de noms sont signalés comme disparus, tandis que les informations officielles tardent à arriver.

Les initiatives comme Desaparecidos Terremoto Venezuela permettent aux Vénézuéliens de signaler un proche injoignable. À ce jour, cette plateforme recense déjà plus de 50 000 personnes non localisées, dont 8 652 ont été retrouvées, témoignant du fossé grandissant entre la réalité vécue par les citoyens et les chiffres officiels, qui restent figés.

Le bilan établi par la présidente par intérim Delcy Rodríguez évoque 589 morts, mais le chiffre des disparus reste désespérément à 157, alors que des milliers d'autres continuent d'être recensés par les acteurs citoyens. Comme l’indique El Nacional, le désespoir grandit, les Vénézuéliens se sentant perdus face à une information insuffisante.

Un pays à l’abandon

La crise de l'information ne naît pas d’un coup : le réseau social X est principalement inaccessible, rendant la connexion difficile pour la population. Par ailleurs, la lenteur d'Internet complique davantage les recherches. Les plus de 8 millions de Vénézuéliens ayant fui par le passé guettent eux aussi des nouvelles de leurs proches.

Ce manque d'assistance est corroboré par El País América, qui souligne l’incapacité de l'État à gérer une telle catastrophe, après des années de négligence. Boris Muñoz, journaliste, résume cela ainsi :

“Ce sont les citoyens qui se mobilisent comme ils peuvent pour aider les autorités, et non l’inverse.”

Ce sentiment est partagé par Ángel Rangel, ancien directeur de la Protection civile, qui explique que la tragédie du séisme met en avant le manque de ressources dans les établissements de santé, qui ne peuvent même pas assurer des soins basiques. Face à un tel panorama, les civils s'organisent pour fournir des secours, collecter des dons, et rassembler des informations pour retrouver les disparus.