Historiquement, Dubaï était le sanctuaire des riches expatriés, offrant un mode de vie sans égard aux impôts et aux restrictions. Écoles privées prestigieuses, plages idylliques et une liberté d'accès à l'alcool ont nourri cette attractivité. Les cryptomillionnaires et oligarques russes s'y épanouissaient, profitant de l'absence de contraintes.

Cependant, les tensions géopolitiques actuelles Jettent une ombre sur ce bonheur. Les attaques ciblées de missiles et de drones iraniens plaquent une nouvelle réalité inquiétante sur cette oasis de luxe. Des cibles aléatoires, telles que l’unique centrale électrique des Émirats, augmentent les craintes parmi les résidents, lesquels commencent à fuir.

Fuir plutôt que de vivre sous les frappes

Bien que plusieurs interceptions de projectiles aient empêché des désastres majeurs, l'incertitude incite encore de nombreux expatriés à chercher des voies de sortie. Les vols à destination des États-Unis et de l’Europe se remplissent rapidement, même si certains ont décidé d'opter pour des trajets terrestres vers des pays voisins comme Oman. Beaucoup espèrent un retour quand les hostilités s’apaiseront, mais la prolongation des conflits les pousse à envisager des alternatives permanentes.

Avant la guerre, les Émirats arabes unis abritaient entre 3 et 4 millions d'étrangers, dont plus de 240 000 millionnaires, selon des chiffres non officiels. Ce flux migratoire pourrait céder la place à une véritable hémorragie de départs. Dominik Volek, du cabinet de conseil Henley & Partners, affirme avoir observé une hausse de 40 % des demandes d’informations sur d’autres pays ces dernières semaines.

Vers de nouveaux refuges : Italie et Singapour en tête

D’après plusieurs experts, de nouvelles destinations telles que la Nouvelle-Zélande, Malte ou même les Maldives, se présentent comme des alternatives viables. La Turquie, quant à elle, offre même des incitations fiscales attractives. Les demandes de citoyenneté turque se multiplient, en particulier parmi les investisseurs cherchant à acquérir des biens immobiliers.

Milan, la capitale italienne, émerge également comme un lieu de choix. L’avocat fiscaliste Roberto Bonomi constate un afflux de demandes d’achats et de locations à long terme, souvent motivées par des projets d’investissement. De même, Singapour, autrefois perçue comme austère, commence à séduire les expatriés à la recherche d'un cadre plus stable.

Ryan Lin, d’une société de conseils de Singapour, note quant à lui une forte augmentation des demandes en provenance de Dubaï, les wealthy clients chinois et indiens étant en quête d'une nouvelle base après avoir quitté le Moyen-Orient.

Des substituts imparfaits à Dubaï

Malgré l'attrait de ces nouvelles destinations, aucun lieu ne réplique totalement le style de vie luxueux de Dubaï. En Italie, les tensions géopolitiques font que certains millionnaires russes sont souvent mal accueillis. Singapour impose un impôt de 24 % sur les revenus, avec des restrictions croissantes sur l’accès aux investissements dans des secteurs jugés risqués, tels que la cryptomonnaie.

Ryan Lin conclut en affirmant que les indispensables actifs liés à la cryptomonnaie resteront majoritairement ancrés au Moyen-Orient, tout comme de nombreux gestionnaires de patrimoine qui prévoient un retour des expatriés à Dubaï à l’issue de ces conflits.

“Le temps guérit tout”, explique un gestionnaire. Reste à savoir si les anciennes certitudes pourront véritablement ressurgir face aux défis actuels. Pour beaucoup, la recherche d’un nouveau soleil est plus urgente que jamais.