La Banque alimentaire du Pays Basque ressent intensément l’impact de la flambée des prix des carburants. Avec six camions actifs pour effectuer des tournées régulières, le coût du carburant est devenu un véritable casse-tête pour l'organisation caritative. Dans la région, les tarifs du gazole et de l'essence s'élèvent au-delà de 2 euros par litre, rendant la situation insoutenables pour les acteurs du secteur associatif.
Pour illustrer cette problématique, TotalEnergies a récemment confirmé un plafond de prix à 1,99€/L pour l'essence et 2,25€/L pour le gazole. Toutefois, bon nombre de stations sont actuellement en rupture de stock, exacerbant encore davantage les difficultés rencontrées par les associations.
« Si on ne prend pas des mesures, on va droit dans le mur »
La Banque alimentaire utilise quotidiennement ses six véhicules pour parcourir le Pays Basque, allant de Tarnos à Saint-Jean-Pied-de-Port. Ces déplacements, réalisés six jours sur sept, permettent de collecter des denrées alimentaires dans divers supermarchés afin de les redistribuer à près de quarante associations locales. Malheureusement, la guerre au Moyen-Orient a eu des répercussions majeures sur le coût du pétrole, entraînant une augmentation de 40% du budget carburant en un an.
Philippe Labedan, président de l'association, alerte : "En mars 2025, nous avions un budget de 2 600€, contre 3 600€ aujourd'hui. Sans mesures concrètes pour contrôler le coût du carburant, nous risquons de réduire le tonnage et le nombre de colis alimentaires distribués". Il évoque également une diminution de 12% des subventions, ce qui aggrave la situation.
Trouver des astuces
Difficulté dans le plein des réservoirs sans atteindre le seuil rouge, les solutions se réinventent. Philippe Labedan confie que, lors des tournées vers Hendaye, les camions à faible niveau de carburant sont envoyés faire le plein en Espagne, où le prix peut être jusqu'à 50 centimes moins cher par litre. Il cherche aussi à optimiser les itinéraires pour éviter des kilomètres inutiles.
Actuellement, aucune aide gouvernementale n'a été annoncée en réponse à cette crise, malgré les appels à l'aide d'autres directeurs d'associations, comme celui d'Emmaüs Solidarité, qui soulignent l'importance de soutenir le monde associatif. Les bénévoles, tels que Maïté, continuent de faire preuve d'engagement, parcourant 15 km pour se rendre à l'entrepôt tout en jonglant avec des économies sur leur trajet.
Chaque année, la Banque alimentaire du Pays Basque récolte près de 1 300 tonnes de denrées, mais le nombre de tournées pourrait être amené à diminuer pour alléger les coûts.







