Depuis son accession au pouvoir à la suite d'un coup d'État en septembre 2022, Ibrahim Traoré, président de la Transition du Burkina Faso, a suscité de vives réactions avec ses récentes déclarations. Lors d'un discours marquant la première année de la Révolution dite Progressiste Populaire, il a affirmé que tout allait bien sur les plans économique et sécuritaire, avant de susciter la controverse en déclarant que « la démocratie, ce n’est pas pour nous ».
Ses propos, relayés par Courrier international, ont été perçus comme une remise en question du concept même de démocratie en Afrique. Le président a demandé aux Burkinabés d ‘« oublier la question de la démocratie »
Le journaliste Boubacar Boris Diop, s’exprimant dans Le Djely, a noté que « soit Ibrahim Traoré [...] justifie son emprise sur le pouvoir par un amalgame, soit il ne comprend pas ce qu'est la démocratie ». Ce scepticisme s’inscrit dans un contexte où le Burkina Faso traverse une grave crise sécuritaire, exacerbée par des attaques terroristes fréquentes.
Un lourd rapport d’Human Rights Watch
Alors que Ibrahim Traoré se présente comme le garant de l’ordre et de la prospérité, un rapport d’Human Rights Watch, publié début avril, évoque des massacres de civils et souligne la détérioration des droits humains dans le pays. Ces révélations contrastent fortement avec l’optimisme affiché par le président, levant le voile sur une réalité que beaucoup de Burkinabés jugent alarmante.
Dans ce contexte, les réactions de la communauté internationale et des politiques locaux appelant au respect des principes démocratiques s’intensifient. Les mots d'Ibrahim Traoré, loin d’être anecdotiques, soulignent la complexité et les défis auxquels le Burkina Faso est confronté aujourd'hui.







