La métropole d'Aix-Marseille-Provence, longtemps plongée dans des conflits internes, a changé de cap mardi en élisant Nicolas Isnard (LR) comme président. Avec un message clair de compromis, il souhaite instaurer un climat de proximité et d'unité.
Unique candidat pour ce poste crucial, Isnard, maire de Salon-de-Provence, a remporté l'élection avec 199 voix sur 237, avec 38 bulletins blancs. Le Rassemblement national, qui compte plusieurs élus dans la métropole, a été écarté des négociations ayant conduit à cette élection.
Sa victoire a été accueillie avec enthousiasme par une majorité d'élus, convaincus par son projet ambitieux de fédérer les maires autour d'une métropole plus collaborative. Isnard n'a pas hésité à célébrer ce moment en prenant le temps de saluer chaleureusement les maires de Marseille et d'Aix-en-Provence.
"Cette métropole a trop souffert de querelles inutiles", a arraché le nouveau président face à la presse. "Il est grand temps de redéfinir nos priorités et de redéployer certaines compétences vers les communes qui en ont besoin." Son ambition, expliquée plus en détail dans les médias locaux, se concentre sur une réorganisation des services pour favoriser un meilleur fonctionnement.
Nicolas Isnard, à la tête de la plus large métropole de France avec 92 communes et un budget de cinq milliards d'euros, a également mis l'accent sur des sujets sensibles tels que les transports, la propreté et la gestion des voies. Ces thèmes ont souvent généré des tensions au sein des instances locales, particulièrement sous l'administration de Martine Vassal (DVD), qui a dominé la métropole ces huit dernières années.
- "Marseille est de retour" -
À l'issue de cette élection, le maire de Marseille, Benoît Payan, a déclaré que "une page se tourne" et que "Marseille retrouve sa place dans la métropole", une affirmation qui souligne le désir de collaboration que portait cette élection. Selon Payan, les services publics tels que la collecte des déchets ou les transports doivent transcender les clivages politiques.
"Il est essentiel que Marseille prenne son juste place dans la gouvernance de la métropole", a poursuivi Isnard dans des déclarations à la presse. Ce dernier a d'ailleurs promis de rétablir la compétence marseillaise sur les transports, une promesse qui pourrait redonner confiance aux habitants de la ville après plusieurs années de tensions.
Martine Vassal, quant à elle, a connu une défaite cuisante lors des récentes élections municipales, ne remportant qu'un peu plus de 5 % des voix au second tour. Bien qu'elle soit écartée de la présidence de la métropole, elle conserve son rôle à la tête du département des Bouches-du-Rhône.
Le doyen de l'assemblée métropolitaine, le maire PCF de Martigues, Gaby Charroux, a exprimé son espoir de voir émerger une métropole forte et respectueuse des communes. Les habitants, selon lui, souhaitent que les enjeux quotidiens soient gérés par ceux qui connaissent le mieux le terrain.
Nicolas Isnard, préparant sa candidature depuis des mois en parcourant les diverses communes, a pu constater un rejet commun des structures jugées trop centralisées, qui, d'après des experts, ne répondent pas aux réalités du terrain. Ces dynamiques ont été critiquées même par le président Macron en 2021, frustré par des freins qui paralysent des projets essentiels pour la ville.







