Quatre astronautes sont sur le départ ce mercredi 1er avril pour une mission lunaire habitée, la première depuis 1972. Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen décolleront depuis le centre spatial Kennedy à bord du vaisseau Orion, pour une expédition de dix jours vers la Lune, située à environ 370 000 kilomètres de la Terre.
Le lancement est planifié pour 18 h 24, heure locale. En cas d'imprévus, la mission pourrait être reportée jusqu'au 6 avril. Ce voyage représente une avancée notable, car l'équipage se rapprochera à moins de 8 000 km du satellite naturel, sans toutefois y atterrir. Voici ce qu'il faut savoir sur cette mission lunaire historique.
Le premier vol habité vers la lune depuis 1972
Avec son nom, Artémis II peut prêter à confusion, car il s'agit de la première mission habité depuis Apollo 17 en décembre 1972. La mission précédente, Artémis I, lancée en 2022, était sans équipage. Les États-Unis envisagent un retour sur la Lune depuis les années 1990, mais des efforts concrets ont été sporadiques. En 2004, la NASA avait lancé le programme Constellation, qui visait des missions habitées dans les années 2020. Cependant, ce projet a été annulé en 2010 sous la présidence de Barack Obama, pour des raisons de financement.
Ce n'est qu'à la demande du président Donald Trump en 2019 que le programme Artémis a été relancé, avec pour objectif d'envoyer des humains sur la Lune d'ici 2024. Ce délai a été ultérieurement prolongé à 2028, dépendant du succès d'Artémis II.
Un test avant de reposer un pied sur la Lune
Artémis II a été conçue pour tester les équipements du vaisseau Orion, garantissant la sécurité de ses passagers. Cette mission permettra de quitter l'orbite basse terrestre pour la première fois depuis 1972, exposant l'équipage à des risques accrus liés à l'éloignement de la Terre. En parallèle, des données seront collectées pour optimiser les performances des outils spatiaux. Si la mission est couronnée de succès, Artémis III en 2027 préparera le terrain pour un futur alunissage, tandis qu'Artémis IV, projetée pour 2028, marquera le véritable retour des humains sur la Lune. L'objectif final du programme est la création d'une base lunaire permanente, prévue pour 2032, afin de préparer des missions futures vers Mars.
10 jours pour 1 million de kilomètres
La mission Artémis II devrait durer environ dix jours. Après le décollage, le vaisseau Orion effectuera deux orbites autour de la Terre pour s'assurer de la fonctionnalité de ses systèmes. Par la suite, l'équipage ajustera sa trajectoire pour survoler la Lune avant de revenir grâce à l'attraction gravitationnelle terrestre. Au total, il parcourra plus d'un million de kilomètres avant d'amerrir dans l'océan Pacifique, près de San Diego.
Au point le plus éloigné, le vaisseau sera situé à plus de 370 000 kilomètres de la Terre, tandis qu'il s'approchera à près de 7 400 kilomètres de la Lune, offrant aux astronautes la possibilité d'observer des zones encore inexplorées de notre satellite naturel.
Un Canadien, une Américaine et deux Américains à bord
À bord d'Orion se trouveront le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et la spécialiste de mission Christina Koch, trois Américains, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen. Christina Koch marquera une avancée historique en devenant la première femme à s'éloigner de l'orbite terrestre. Jeremy Hansen, pour sa part, deviendra le premier non-Américain à s'approcher de la Lune, avec le Canada ayant contribué au programme par son soutien technologique, notamment en fournissant des rovers lunaires.







