Aux États-Unis, la gouverneure républicaine du New Hampshire, Kelly Ayotte, a rendu public un document révélant les intentions de l'ice, l'agence d'immigration américaine. Le projet, intitulé « Projet de réorganisation de la rétention », vise à transformer la gestion actuelle des migrants en augmentant considérablement la capacité d'accueil des centres de rétention. Le montant total des investissements est estimé à 40 milliards de dollars, un chiffre qui a de quoi faire réagir, notamment au sein des ONG et des défenseurs des droits humains.
Conformément à cette initiative, l'ice prévoit la rénovation et la construction de plusieurs grands centres de rétention, ainsi que l'acquisition de nouvelles installations opérationnelles. Actuellement, les centres doivent accueillir entre 7 000 et 10 000 migrants chacun, par rapport aux 1 000 à 1 500 que peuvent recevoir les petits sites. L'objectif final est d'atteindre une capacité totale de 92 600 lits d'ici le 30 novembre 2026.
Une augmentation de la durée de rétention
Le document officiel prévoit également que les migrants restent en moyenne entre trois et sept jours dans les centres régionaux, tandis que dans les méga-centres, cette durée pourrait aller jusqu'à soixante jours. Parmi les sites envisagés figure un bâtiment de 30 000 m² à Merrimack, dans le New Hampshire, qui pourrait bientôt accueillir jusqu'à 600 lits.
Ce projet s'inscrit dans la continuité de la politique immigrationniste de l'ancien président Donald Trump, qui a toujours mis l'accent sur une lutte renforcée contre l'immigration illégale. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le nombre de migrants retenus a explosé, passant de moins de 40 000 à plus de 70 000. De plus, les effectifs de l'ice ont doublé, atteignant 22 000 agents, en réponse à cette augmentation des migrants. Le budget de l'agence a également connu une hausse significative.
Répondre à une demande croissante
Des opérations massives ont eu lieu à Los Angeles, Chicago et Minneapolis, impliquant la mobilisation de milliers d'agents. Toutefois, ces actions ont parfois engendré des drames, comme l'affaire tragique à Minneapolis où deux Américains ont été tués lors d'interventions de l'ice, soulevant une onde de choc à travers le pays. Selon les prévisions, il est attendu une augmentation des interventions policières et des arrestations en 2026.
Pour l'ice, ce plan est justifié par la nécessité de répondre à une demande croissante de lit, d'optimiser le processus de rétention et d'expulsion, tout en cherchant à améliorer la sécurité et les conditions de traitement des migrants. Néanmoins, des organisations de défense des droits humains continuent de dénoncer les conditions souvent jugées indignes dans ces installations.
Ce projet soulève donc de nombreuses inquiétudes et une opposition marquée à travers le paysage politique et social américain. Les voix critiques se multiplient, questionnant non seulement l'éthique de ces opérations, mais aussi leur efficacité face à une situation migratoire complexe. Le débat sur la gestion de l'immigration aux États-Unis est loin d'être clos.







