Dans une révélation troublante, Magali Lafourcade, magistrate et secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), a partagé son expérience récente avec des émissaires américains. Ces diplomates, Samuel Samson et Christopher Anderson, sont issus du bureau de la démocratie, des droits humains et du travail de l'administration américaine. Leur objectif déclaré était de recueillir des éléments en lien avec le procès de Marine Le Pen, qu'ils estiment être une « condamnation politique ». Ils ont exprimé leur conviction que la dirigeante d'extrême droite était « injustement traitée » dans le cadre de ce procès, suite à une précédente condamnation qui l'a rendue inéligible en mars 2025.
Lors de cette rencontre, qui a eu lieu le 28 mai 2025, Lafourcade a constaté que la discussion avait rapidement glissé vers des thèmes touchant à l'influence et à la manipulation du débat public en France, spécifiquement en faveur de Marine Le Pen. Elle a souligné qu'elle s'était sentie profondément gênée par la nature des échanges, les percevant comme une tentative d'ingérence dans les affaires politiques françaises. Les États-Unis, traditionnellement des alliés de la France, paraissaient alors prendre position en faveur d'une figure controversée de l'extrême droite.
Étonnamment, Lafourcade a rapporté cette discussion au Quai d'Orsay le jour-même, ce qui ne fait pas partie de ses pratiques habituelles. Habituellement indépendante dans ses fonctions, elle a jugé nécessaire de signaler ce qu'elle considérait comme une démarche malveillante et inappropriée. Le ministère des Affaires étrangères a reconnu avoir pris cet incident au sérieux, bien qu'il n'ait pas fourni de commentaire précis sur la rencontre.
Cette situation suscite de vifs débats parmi les observateurs politiques en France. Plusieurs experts en relations internationales, dont Jean-Marc Ayrault, ancien ministre des Affaires étrangères, se sont exprimés sur l'éventualité d'une intervention américaine. Dans une interview accordée à Le Monde, il déclare : “Il est incroyablement délicat pour un pays comme les États-Unis de s'immiscer dans le processus démocratique d’un autre pays. Bien que les intentions puissent sembler bonnes, le message sous-jacent est clair : ils prennent parti.”
La campagne présidentielle de Marine Le Pen se déroule alors qu'elle fait face à une série de défis juridiques et politiques. Dans le cadre de son procès en appel concernant des assistants parlementaires, qui a débuté le 13 janvier, la dirigeante du Rassemblement National tente de se reconstruire une image et de galvaniser son électorat. Les implications de cette récente révélation pourraient en effet entraîner un tournant dans la perception publique de sa candidature.







