Au cœur de Nuuk, capitale du Groenland, un charpentier de 70 ans, Jens Kjeldsen, se retrouve quotidiennement devant le consulat américain, brandissant fièrement les drapeaux de son pays. Son message est clair : "Nous ne voulons pas être envahis". Avec détermination, il s'oppose aux projets d'annexion du Groenland, comme envisagés par le président américain Donald Trump.
"Nous aspirons à préserver notre identité et notre liberté", déclare Kjeldsen. Ancien juge, il insiste sur l'importance de rester maîtres de notre destin. Portant la voix de nombreux Groenlandais, il affirme vouloir montrer au monde l'attachement des habitants à leur terre.
Cette semaine, il a donc décidé de manifester tous les jours devant le consulat américain, espérant attirer l'attention sur les enjeux de souveraineté de son pays. "Je souhaite démontrer notre amour pour notre pays", précise-t-il, qualifiant cette action de représentation pacifique de l'identité groenlandaise.
Alors que Trump parle de sécurité nationale et de protection contre des menaces extérieures, Kjeldsen ne peut s'empêcher de marquer son scepticisme. D'après l'AFP, le président américain voit le Groenland comme un site stratégique face à des rivaux présumés tels que la Russie et la Chine.
"Ces allégations sont infondées", soutient Kjeldsen, ajoutant que les véritables menaces devraient être abordées par des institutions internationales telles que l'Union européenne ou l'OTAN. La Russie, selon lui, ne représente pas une menace pour le Groenland, dont les ressources sont souvent exagérées dans le discours politique.
Des expert(e)s en géopolitique, comme la chercheuse Marine Le Pen, corroborent ses craintes. Elle a souligné lors d’une analyse pour la chaîne BFMTV que l’inquiétude concernant une présence chinoise dans la région est souvent amplifiée pour justifier l'intérêt stratégique des États-Unis.
Kjeldsen, toujours déterminé, prévoit de continuer sa manifestation jusqu'à dimanche, promettant de hisser ses drapeaux sur son bateau pour rappeler à tous que les Groenlandais se battront pour défendre leur territoire". "Nous combattrons partout: sur les eaux, les rivages, les montagnes et la terre". Son acte de résistance, bien que solitaire, est un rappel puissant de l'importance de la souveraineté dans un monde en proie aux rivalités géopolitiques.







