Le président bulgare Roumen Radev a pris une décision surprenante en annonçant sa démission lundi, à l'approche des élections législatives anticipées prévues au printemps. Ce renversement de situation marque un nouveau chapitre dans une crise politique sévissant en Bulgarie depuis plusieurs années.
Dans une allocution télévisée, Radev, âgé de 62 ans, a déclaré : "Demain, je démissionnerai de mes fonctions de président de la République de Bulgarie." Son discours visait à rassembler le peuple autour d'un avenir commun et a évoqué la nécessité d'une nouvelle direction. Ce président, sans étiquette politique directe, mais soutenu par le parti socialiste, a partagé ses ambitions pour une Bulgarie renouvelée.
Les analystes politiques, notamment Parvan Simeonov de l'institut de sondages Myara, estiment que cette démission inédite pourrait signaler l'intention de Radev de se lancer dans la compétition électorale. En formant un nouveau mouvement politique, il espère capitaliser sur le mécontentement lié aux affaires de corruption qui secouent le pays et sur le soutien qu'il a déjà manifesté pour les manifestations populaires.
Depuis que des citoyens bulgares se sont soulevés contre la corruption, la Bulgarie, membre de l'OTAN et récemment entrée dans la zone euro, traverse une période d'instabilité politique. Radev a critiqué un "modèle de gouvernance pernicieux" qui masque des pratiques oligarchiques derrière une apparente démocratie.
Le renversement du gouvernement de coalition dirigé par le parti GERB à la mi-décembre 2025, suite à des manifestations anti-corruption, illustre le climat politique tendu. Ces futures élections marqueront la huitième fois en seulement cinq ans que les Bulgares se rendent aux urnes, illustrant la crise persistante dans ce pays considéré comme le plus pauvre de l'Union européenne.
Radev, un ancien aviateur qui a accédé à la présidence pour la première fois en 2016, a été propulsé par un courant populaire en faveur de réformes. Sa position sur l'aide militaire à l'Ukraine a cependant provoqué des critiques, notamment des accusations de proximité avec la Russie. Dans une interview accordée à CNN, il a fait part de sa déception quant au soutien limité de l'Union européenne envers les efforts de paix.
Alors qu'un gouvernement d'intérim sera bientôt désigné, le poste sera occupé par la vice-présidente Iliyana Iotova jusqu'à la fin du mandat de Radev en janvier 2027. Dans un pays confronté à des défis économiques et politiques majeurs, la seringue des élections à venir pourrait redéfinir l'avenir de la Bulgarie.







