A partir de ce mercredi, le musée du Louvre et le château de Versailles annoncent une révision significative de leurs tarifs, visant particulièrement les visiteurs étrangers ne provenant pas de l'Union européenne. Cette mesure, déjà appliquée au château de Chambord et à la Sainte-Chapelle, marque un tournant dans la politique d'accès à ces joyaux du patrimoine français.
La ministre de la Culture, Rachida Dati, a déclaré : « Je souhaite que les visiteurs hors-UE contribuent davantage au financement de notre patrimoine, car il est essentiel que nous ne soyons pas les seuls à en supporter le coût. » Les nouvelles tarifications, qui entreront en vigueur au Louvre, entraîneront une hausse de 45 % des prix pour les non-européens d'ici 2026. À la Sainte-Chapelle, les tarifs bondiront de 69 % et de 63 % au château de Chambord, une tendance qui pourrait se généraliser à d'autres monuments français à l'avenir.
Pour le musée du Louvre, le prix d'entrée pour les non-européens sera désormais de 32 euros, tandis que les visiteurs de l'Espace économique européen (EEE) continueront de payer 22 euros. Selon les études des acteurs touristiques, environ 69 % des visiteurs du musée sont internationaux, ce qui représente une opportunité de substantialiser les revenus, estimés à 20 millions d'euros annuels grâce à cette hausse.
Au château de Versailles, le tarif passera à 35 euros en haute saison pour les non-européens, contre 25 euros en basse saison, avec une prévision de collecte supplémentaire de 9,3 millions d'euros, favorisant la préservation du site. Ces ajustements de prix viennent sur fond de nombreuses interrogations concernant l’avenir de l’accès universel à la culture en France. L'idée d'une tarification différenciée soulève des débats : est-ce vraiment le modèle que nous voulons pour notre patrimoine ?
À la Sainte-Chapelle, le prix est désormais de 22 euros pour les non-européens, tout en restant fixé à 16 euros pour les résidents de l'EEE. Ce mouvement de révision des prix est en partie inspiré par des exemples à l'étranger, telle que la tarification du Grand musée du Caire, qui différencie selon la nationalité des visiteurs.
Les experts s'interrogent sur cette stratégie : « Si le but est de générer des revenus pour la rénovation et la culture, il faut aussi veiller à ne pas dissuader les visiteurs. L’accessibilité à la culture doit rester une priorité », déclare un spécialiste du patrimoine à France Culture. Les opinions varient, mais une chose est certaine : cette initiative pourrait bien redéfinir les contours de l'accès aux trésors culturels de la France.







