Depuis la révolution islamique de 1979, l'Iran connaît de vives manifestations contre son régime. Ces révoltes, souvent réprimées dans le sang, illustrent un profond mécontentement populaire face à une dictature jugée de plus en plus étouffante. La récente vague de manifestations, la sixième depuis l’ascension au pouvoir des Mollahs, démontre la crise persistante entre l'État et une population désireuse de changement.
A peine quelques semaines après la prise de pouvoir, les femmes iraniens descendaient déjà dans les rues pour revendiquer leur droit à ne pas porter le hijab, imposé par l’ayatollah Khomeini. Cet événement fut marquant et a ouvert la voie à des mouvements de contestation qui n'ont cessé de se multiplier depuis. Comme le souligne le journal Le Monde, ces révoltes se sont intensifiées non seulement en raison des restrictions politiques, mais aussi à cause des crises économiques et du mécontentement social.
Les autorités ont systématiquement mis sur pied des mesures répressives de plus en plus brutales pour contenir ces soulèvements. Le « Corps des gardiens de la révolution islamique » a été créé pour contrecarrer toute forme de dissidence, une réaction affirmée face au mouvement symbolisé par les Moudjahidines du peuple, un groupe révolutionnaire islamo-marxiste qui a eu recours à la violence par le passé.
La guerre Iran-Irak, qui a duré de 1980 à 1988, a également exacerbé les tensions et a donné lieu à des manifestations contre l'inflation dans plusieurs villes. La dynamique entre courants conservateurs et réformistes au sein du régime a souvent alimenté le cycle de la contestation. En 1999, la suspension d'un journal plaidant pour plus d'ouverture a provoqué des manifestations étudiantes, marquant une étape significative dans l'histoire de la contestation iranienne.
Des experts, comme le politologue Marc Flandreau, observent que le régime iranien peine à s'adapter aux aspirations modernes de sa population, ce qui pourrait rendre ces manifestations plus fréquentes à l'avenir. La situation actuelle ne laisse entrevoir aucun signe d'apaisement, alors que les Iraniens continuent de revendiquer une plus grande liberté et dignité.







