L'armée libanaise a déclaré avoir achevé la première phase de son plan visant à désarmer le Hezbollah dans le sud du pays, le long de la frontière avec Israël. Ce processus, salué par certains comme un premier pas vers la stabilisation, a néanmoins suscité des réactions mitigées, notamment de la part d'Israël qui le considère encore comme insuffisant.
Dans un communiqué publié jeudi 8 janvier, l'armée a affirmé avoir réussi à désarmer le mouvement chiite entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, situé à environ 30 km au nord. Cependant, le Hezbollah a clairement indiqué qu'il refuse de rendre ses armes au nord de cette frontière. « Les efforts du Liban sont encourageants, mais ils restent loin d'être suffisants », a indiqué le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a accusé le Hezbollah de continuer à se réarmer avec l'aide de l'Iran.
Le ministre de l'Information, Paul Morcos, a affirmé que le gouvernement libanais soutenait les avancées de l'armée et soulignait l'importance de déployer ce plan également dans le reste du pays. Une feuille de route pour la région du nord du Litani serait mise en place et présentée au cabinet en février prochain.
Sur le terrain, l'armée libanaise a précisé qu'elle avait désormais le contrôle de la partie sud du Litani, excepté pour les zones encore occupées par Israël. L'armée israélienne, pour sa part, maintient sa présence sur plusieurs points stratégiques près de la frontière libanaise, affirmant agir contre les combattants du Hezbollah.
Le président libanais, Joseph Aoun, a reconnu que l'occupation israélienne et les frappes répétées de ce dernier constituent des entraves majeures dans l'application de cette stratégie de désarmement. Il a également insisté sur la nécessité pour l'État libanais de conserver le monopole sur les armes, appelant la communauté internationale à soutenir le pays dans la réalisation de cet objectif.
Alors que l'Iran, principal soutien du Hezbollah, s'est opposé au désarmement de ce dernier, le Liban continue de faire face à des pressions croissantes tant internes qu'externes. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a récemment visité le pays pour discuter des défis régionaux, qualifiant les menaces israéliennes de préoccupantes. L'armée libanaise a fait savoir qu'elle poursuivra ses opérations au sud du Litani pour neutraliser toutes munitions non explosées et tenter de retrouver des tunnels attribués au Hezbollah.
À l'aube de ce nouvel aménagement dans la dynamique libanaise, de nombreux experts estiment que les efforts de désarmement doivent s'accompagner de solutions diplomatiques solides et d'une coopération renforcée au sein de la communauté internationale pour être réellement efficaces.







