Dans un contexte de crise qui secoue le secteur agricole en France, le lycée Naturapolis de Châteauroux a organisé, le 8 janvier 2026, un forum dédié à l'installation pour informer et soutenir les étudiants souhaitant devenir exploitants agricoles.
En pleine mobilisation contre divers enjeux, tels que l'accord de libre-échange Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire, les élèves ont discuté d'un avenir incertain, mais plein de potentiel. Sur les grilles de l'établissement, une banderole affichait : "plus d'avenir ici", illustrant l'inquiétude ambiante mais aussi la détermination des jeunes agriculteurs.
Au cours de ce forum annuel, orchestré par les Jeunes Agriculteurs, plusieurs stands ont attiré l’attention des élèves. L'un des représentants de banque a souligné l'importance de comprendre les prêts agricoles et les assurances essentielles à une installation réussie. Gabin, élève de terminale, envisage de s'installer dans les prochaines années, malgré les incertitudes du secteur. "L'espoir fait vivre", dit-il, tout en gardant un plan B pour agriculteur à l'étranger si la situation en France se détériore.
Son camarade Amalric, lui aussi conscient des défis, a évoqué la possibilité de se réorienter vers des métiers comme expert-comptable, illustrant ainsi les préoccupations croissantes des étudiants face à la volatilité du marché. Les jeunes prennent conscience qu'une formation continue peut être bénéfique avant de se lancer pleinement dans l'agriculture.
Inès Amblard, professeure de biologie au lycée, confie que de nombreux jeunes choisissent d'élargir leurs compétences avant de retourner à l'installation agricole. "Les élèves cherchent d'abord des expériences professionnelles variées qui les préparent à la complexité de la gestion agricole", explique-t-elle.
Catherine de Roquefeuil, professeure de gestion, observe également ce besoin de connaissance accrue. Elle rappelle aux élèves qu'avec la volatilité extrême des prix agricoles, qui peuvent fluctuer rapidement, la préparation est essentielle. La guerre en Ukraine a exacerbé ces défis, entraînant de grandes variations des prix du blé et d'autres produits, exacerbées par un climat de plus en plus instable.
Dans ce contexte, la Chambre d'agriculture de l'Indre signale qu'environ 120 à 150 agriculteurs quittent le métier chaque année, un chiffre appelé à croître avec le vieillissement de la population agricole. L'engagement des jeunes professionnels est plus que jamais crucial pour assurer le renouvellement de la profession.
Pour conclure, même si les obstacles sont là, ces futurs agriculteurs montrent une résilience impressionnante et une volonté de s'engager dans l'agriculture de demain, avec optimisme et pragmatisme.







