Des drapeaux israéliens flottent à nouveau au sommet de la forteresse de Beaufort, dans le sud du Liban, un site médiéval pris d'assaut par les troupes israéliennes. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence pour discuter de cette situation alarmante. Ce retour de l'armée israélienne rappelle les années 1982 à 2000, lorsque la forteresse avait été occupée pendant la Première Guerre du Liban. En 2024, l'Unesco a classé Beaufort parmi les biens culturels sous protection renforcée, un statut aujourd'hui compromis par l'escalade des tensions militaires.
Un site d'une portée stratégique
Érigée au XIIe siècle par les Croisés, la forteresse, ou Qalaat al-Shakif, surplombe la Galilée et la région de Nabatieh. Sa position stratégique a toujours enflammé les convoitises depuis les Croisades. Selon L’Orient-Le Jour, cette fortification a servi de scène à de nombreux affrontements au cours des siècles passés, avec un regain d'intérêt durant le XXe siècle. En 1982, les forces israéliennes prenaient possession du château, en faisant un bastion pendant leur occupation.
Un patrimoine menacé
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a qualifié cette conquête de "tournant décisif" contre le Hezbollah pro-iranien. Le gouvernement libanais, quant à lui, a exprimé des craintes pour la protection du site, déclarant que Beaufort n'est pas une installation militaire, mais un trésor archéologique. Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a appelé à la mobilisation de tous les patriotes libanais pour sauver ce symbole. Les premiers rapports indiquent que la forteresse pourrait être considérée comme en "sérieux danger" à cause des hostilités.
Une déclaration de l'Unesco stipule qu'en cas de contrôle militaire, le site ne doit pas être utilisé à des fins militaires. Cependant, la réalité sur le terrain semble contredire cet engagement. Times of Israël a rapporté que l'armée israélienne a hissé leur drapeau sur les ruines, ravivant des souvenirs douloureux pour de nombreux Libanais.
Pour couronner le tout, le projet de conservation lancé par la Direction générale des Antiquités pourrait être compromis, mettant en péril une partie essentielle du patrimoine culturel libanais.







