Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a récemment annoncé une revalorisation automatique du Smic, qui prendra effet au 1er juin. Ce nouvel ajustement, d'environ 35 euros nets par mois, marque une hausse de 2,41%, destinée à suivre l'inflation, dont l'accélération a été en partie provoquée par les conflits au Moyen-Orient.
Cette hausse fait passer le Smic horaire brut de 12,02 à 12,31 euros, et le Smic mensuel brut de 1 823,03 à 1 867,02 euros. En termes de salaire net, les employés rémunérés au Smic toucheront désormais 1 477,93 euros, ce qui représente une augmentation de 35 euros par rapport à la dernière revalorisation de janvier 2026.
Les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment de Fatima, qui travaille dans une crêperie du métro parisien. Elle souligne que "trente-cinq euros, avec le pouvoir d’achat qu’on a, ce n’est pas assez". La jeune femme, âgée de 25 ans, explique qu'elle doit jongler avec les prix à la hausse et s'efforce de faire les meilleures affaires, même si cela signifie opter pour des produits en fin de conservation.
Le Smic est ajusté chaque 1er janvier en fonction de l'inflation, mais peut également être rehaussé en cours d'année si celle-ci dépasse les 2%. En avril, l'inflation a été de 2,2%, amplifiée par la flambée des prix des énergies, qui ont augmenté de 14,3%.
Les syndicats se sont montrés critiques à l'égard de cette augmentation limitée. La CGT estime qu'elle ne représente qu'un maintien à flot pour les travailleurs au Smic, sans véritable amélioration de leur niveau de vie. De son côté, Marylise Léon, la dirigeante de la CFDT, a affirmé que cette hausse "n'est pas suffisante" et plaide pour que les salaires suivent la montée des prix, allant jusqu'à inciter les entreprises à engager des négociations salariales plus ambitieuses.
La situation est d'autant plus délicate que "des réalités économiques très différentes existent en fonction des secteurs d'activité", a ajouté Léon, insistant sur la nécessité d'adapter les salaires aux marges de manœuvre dont disposent les entreprises. Ce contexte de crise socio-économique appelle donc une réflexion profonde sur la politique salariale, laissant présager des discussions animées dans les mois à venir.







