Au cours d'une semaine marquante, Donald Trump a été accueilli à Pékin par l'impressionnant Xi Jinping, dont l'influence sur le nouveau “grand jeu” mondial se renforce, l'Iran jouant le rôle de pion volatile.
« Le sommet de Pékin symbolise la fin de l'hégémonie américaine », analyse Gilles Kepel, universitaire. Ce sommet s'est tenu les 14 et 15 mai, après un premier échange à Busan en Corée du Sud l'année précédente, où les deux leaders avaient convenu d'une trêve dans leurs hostilités commerciales.
Quelques heures avant l'arrivée de Trump, Xi Jinping avait alerté : « L'histoire a prouvé que personne ne sort victorieux d'une guerre commerciale. » Cette déclaration préfigurait les tensions sous-jacentes qui régnaient à l’occasion de cette rencontre diplomatique.
Des relations économiques interdépendantes
Accompagné des dirigeants de grandes entreprises américaines, Trump affiche son intention de renforcer l'accès de ses compatriotes au marché chinois, un engagement toujours prioritaire lors de ses visites internationales. Il commence son discours en louant son hôte : « Je suis ici avec le meilleur, et ils sont là pour honorer la Chine. »
Les secteurs de l'agriculture, de l'aéronautique et de l'énergie ont constitué les thèmes majeurs abordés lors de leurs discussions. Le résultat de cette rencontre n'est pas tout à fait à la hauteur des attentes, mais un contrat d'acquisition de 200 Boeing a été signé, ainsi qu'un conseil bilatéral pour améliorer les échanges commerciaux.
Malgré les déséquilibres, avec un commerce d’une valeur supérieure à 400 milliards de dollars annuels en faveur de la Chine, l'interdépendance entre les deux nations demeure cruciale pour éviter des crises majeures. Ainsi, le président chinois, lors de l'arrivée de Trump, a orchestré une cérémonie parée de vingt et un coups de canon, démontrant l'importance de cette rencontre.
Leurs discussions auraient également abordé la question sensible de Taïwan, Xi soulignant : « C'est un enjeu central de nos relations. Si mal géré, cela pourrait mener à de graves conflits. » Pour apaiser les tensions, Trump a suspendu la vente d'armements de 11 milliards de dollars à Taïwan.
Un autre sujet de préoccupation pour Trump a été le dossier iranien, dans lequel Xi Jinping joue un rôle tactique. Tandis que la coopération entre Washington et Téhéran se complique, l'aide discrète de la Chine permet aux Iraniens de maintenir une certaine résistance face aux pressions américaines.
Moins d'une semaine après cette rencontre, Vladimir Poutine a également visité Pékin, accompagné de responsables russes pour discuter d'un partenariat renforcé, surtout dans le contexte de la guerre en Ukraine. Les échanges entre Moscou et Pékin ont atteint des niveaux records, s'élevant à 230 milliards de dollars, un signal fort envoyé à Trump concernant la stabilité et l'autonomie de Xi Jinping.
Il s’agit d’une période charnière dans les relations internationales, où les enjeux économiques, politiques et militaires se mêlent. Xi et Poutine semblent déterminés à œuvrer ensemble contre les pressions occidentales, tandis que Trump, affronté à des critiques internes, se retrouve face à des défis diplomatiques et stratégiques inédits.







