Le Southern Poverty Law Center (SPLC), une organisation américaine de défense des droits civiques, se retrouve mêlé à un scandale financier. Des allégations suggèrent qu'elle aurait transféré plus de 3 millions de dollars à des individus associés à des organisations extrémistes comme le Ku Klux Klan et plusieurs groupes néonazis. Faux pas d'un acteur de la justice sociale ou manœuvre politique du camp MAGA ?
Cette institution, fondée en 1971 dans le contexte ségrégationniste de l'Alabama, se targue de lutter pour la justice raciale et de combattre la suprématie blanche. Le site de l’association affiche fièrement ses ambitions : démanteler des groupes haineux, mettre fin à l'incarcération de masse et réduire les inégalités raciales. Mais sous cette image, des critiques émergent quant à sa transparence.
3 millions de dollars à des groupes néonazis
Autrefois vénérée par certains juristes et universitaires, l'image du SPLC s'est récemment ternie. Des accusations internes de racisme et de harcèlement sexuel sont apparues, engendrant un malaise au sein même de l'organisation. Un ancien employé a qualifié son modèle économique de "système qui fait payer la haine", insinuant qu'elle entretenait une culture de la peur pour attirer des fonds, même si cela impliquait d'exagérer certaines menaces.
Les accusations se sont intensifiées lorsque, selon des déclarations du bureau des affaires publiques américaines, entre 2014 et 2023, le SPLC aurait secrètement distribué des fonds à des individuels aux liens avec des groupes extrémistes. "Le SPLC instrumentalise le racisme pour justifier son existence", a déclaré Todd Blanche, procureur général par intérim, tandis que Kash Patel, directeur du FBI, a évoqué une "opération frauduleuse" visant à tromper les donateurs.
Un grand jury à Montgomery, en Alabama, a mis en accusation le SPLC pour onze chefs, dont fraude électronique et complot de blanchiment d’argent, tout cela dans un contexte où l’administration Trump semble déterminée à s'attaquer à l’une de ses principales opposantes sur le plan idéologique.
Instrumentalisation du racisme ?
Le SPLC, pour sa part, se défend en affirmant que ses méthodes d'utilisation d'informateurs s'inscrivent dans une longue tradition de surveillance des groupes extrémistes. Les comptes ouverts sous des identités fictives, selon eux, servaient à protéger ceux qui infiltrent ces organisations, et non à tromper les institutions financières.
"Nous avons consacré plus de 55 ans à lutter contre la suprématie blanche", argue Bryan Fair, directeur par intérim du SPLC. Il ajoute, sans surprise, qu'ils se trouvent visés par des attaques dans un contexte politique tendu. La question reste alors : le SPLC a-t-il véritablement exploité les luttes raciales pour ses propres fins ?







