La Chine s'est engagée de manière inattendue sur le marché de la tomate et de ses dérivés. Grâce à une production pléthorique et à des prix ultra compétitifs, le pays a su séduire une part significative du marché européen. Tandis que les importations diminuent dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest, redoutant un effondrement de leur secteur, la demande pour les produits chinois demeure forte dans le Nord de l'Europe.
Ce texte est un extrait de notre reportage. Visionnez la vidéo complète ci-dessus.
La sauce tomate, un pilier de la culture italienne
En Italie, la tomate est synonyme de tradition culinaire. Une chef de trattoria à Rome témoigne : "Chaque jour, j'utilise au moins 20 kilos de sauce tomate pour créer des plats uniques. La tomate est essentielle à notre cuisine, présente dans des recettes variées et historiques."
Pourtant, cette icône de la gastronomie italienne a dû faire face à une menace : en 2021, la Chine a inondé le marché européen de ses tomates et de ses concentrés de manière agressive, profitant de coûts de production bas, souvent liés à des conditions de travail controversées, selon une enquête de BBC. L'auteur d'une fusillade médiatique a révélé que des contenants de sauce tomate vendus comme produits italiens contenaient en réalité des tomates provenant du Xinjiang, une province où vivent de nombreux Ouïghours, énonçant : "Nous pouvons nous fournir en Chine pour réduire les coûts."
Réaction des producteurs européens
Face à cette invasion, l'industrie européenne réagit. Les alertes se multiplient et, pour préserver leur secteur, les professionnels s'efforcent d'interrompre les importations en provenance de Chine. En quelques mois, les importations chutent, avec une baisse de 67 % à l'échelle européenne, et jusqu'à 76 % en Italie. En 2024, la production chinoise, qui avait pris l'ascendant sur l'Italie et les États-Unis, s'effondre. Francesco Mutti, dirigeant de la célèbre marque de sauces, souligne l'importance de la transparence : "Nous avons misé sur la qualité pour reconquérir les consommateurs. Ils préfèrent dépenser un peu plus pour un produit authentique."
Néanmoins, les traces de l'hémorragie de tomates chinoises persistent, même en France. Un rapport de 60 Millions de Consommateurs a révélé qu'une grande partie des concentrés de tomates étiquetés comme italiens provenaient en réalité de Chine. Les marques concernées soutiennent avoir été induites en erreur par leurs fournisseurs. De plus, les sauces chinoises, souvent à moitié prix, continuent d'attirer les pays d'Europe qui n'ont pas de production locale. André Bernard, président de l'interprofession de la tomate (Sonito), avertit : "Les pays comme la Pologne ou l'Allemagne exploitent cette opportunité en fabriquant des sauces sans champs de tomates." Dans la masse de produits transformés, la provenance des ingrédients peut rester un mystère pour les consommateurs.
Parmi nos sources :
The World Processing Tomato Council (WPTC), BBC, Sonito, 60 Millions de Consommateurs
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