En France, les tomates anciennes rencontrent un vif succès, notamment les cœurs de bœuf et les noires de Crimée. Malgré leur coût élevé, quel est leur véritable attrait ? Un reportage de France Télévisions dévoile les mystères de leur production.
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Les tomates d'antan s'invitent sur les marchés, attirant les consommateurs en quête de saveurs authentiques. "Ces tomates ont un goût de tomate, sucré comme on l'attend", affirme une mère de famille. Un autre client abonde dans ce sens : "Elles sont plus juteuses et comme il faut pour les salades." Remarquablement, elles affichent un prix plus élevé, avec des cœurs de bœuf à 7,95 euros le kilo, contre 3,95 euros pour leurs homologues classiques. Un fervent adepte déclare : "Cela en vaut la peine quand on veut se faire plaisir."
Mais sont-elles réellement différentes des tomates traditionnelles ou est-ce une stratégie marketing ? Bien qu'elles puissent sembler cultivées selon des méthodes ancestrales, la majorité des tomates anciennes se développent en réalité sous serre, notamment en Bretagne. Avec une production estimée à 500 tonnes par an, la récolte est déjà bien engagée.
Un nouveau marché pour les producteurs
Loïc Conan, un producteur de tomates de la marque Prince de Bretagne, explique : "Nous les récoltons colorées, et à leur arrivée en conditionnement, elles sont parfaitement mûres." En réalité, ces variétés sont cultivées dans un environnement contrôlé, bénéficiant de systèmes de ventilation permettant un climat optimal. "S'elles n'étaient pas cultivées sous serre, leur disponibilité serait limitée à juillet-août", ajoute-t-il.
Depuis son lancement il y a six ans, Loïc Conan a observé une demande croissante pour ces tomates anciennes, représentant aujourd'hui 50 % de sa production totale. "Le marché est en croissance de 20 à 25 % chaque année", souligne-t-il, fier d'avoir triplé ses surfaces cultivées.
Cependant, il existe des variétés de tomates anciennes qui ne sont que des reproductions créées en laboratoire. Grâce à des croisements habiles entre tomates classiques et anciennes, ces produits peuvent être cultivés à grande échelle.
Un goût du futur : les tomates anciennes revisitées
Dans un laboratoire, l’ingénieur Hervé Floury teste continuellement entre 50 et 70 nouvelles variétés. "Chaque tomate fait l’objet d’une analyse minutieuse", déclare-t-il. "Le moindre défaut peut la disqualifier pour une vente premium." Il évalue à la fois l’apparence et le rendement ainsi que le taux de Brix, qui indique la quantité de sucre. "Les bonnes variétés anciennes affichent un Brix entre 7 et 9, ce qui garantit une grande douceur. Ici, nous avons presque 8, un excellent indice."
L'an dernier, environ 15 % des 500 000 tonnes de tomates cultivées en France étaient de type ancien. Ce chiffre continue de croître, témoignant d'un engouement persistent des consommateurs pour ces tomates authentiques et savoureuses.







