La police turque a tenté de bloquer un rassemblement de l'opposition à Izmir, la troisième ville du pays, où le chef du CHP, Özgür Özel, démis par la justice, a dénoncé les manœuvres du pouvoir en place.
"Nous faisons face à une tentative d'arrêter un parti qui aspire à revenir au pouvoir", a lancé Özel devant ses partisans. Il a également précisé que le problème dépasse le seul cadre du CHP, affirmant : "Ceci est une affaire entre le peuple et le président Erdogan".
Un tribunal d'Ankara a invalidé la présidence de M. Özel, arguant qu'il y avait eu des "irrégularités" lors du congrès du parti en novembre 2023. Cette décision a conduit à la désignation de Kemal Kiliçdaroglu comme nouveau leader, une situation que les partisans d’Özel contestent vigoureusement.
Le CHP traverse une période de turbulences depuis cette annonce, exacerbée par l'intervention des forces antiémeute qui ont bloqué l'accès à la place prévue pour le rassemblement. Des canons à eau ont été utilisés pour disperser les manifestants présents, comme l'a rapporté l'AFP, tandis que les chaînes de télévision locales diffusaient les événements en direct.
Malgré tout, M. Özel a insisté sur le maintien du rassemblement, qualifiant la décision du tribunal de "nulle et sans effet". Il a appelé à un nouveau congrès du parti dès le dimanche suivant les congés de l'Aïd-el-Kebir, avec l'ambition d'organiser des élections pour la présidence du CHP dans un délai de deux semaines après les fêtes. "Personne ne peut diriger ce parti sans l'aval du peuple", a-t-il martelé, ajoutant : "Je baiserai les mains de celui ou celle qui remportera l'élection".
Dimanche dernier, les forces de l'ordre ont violemment interféré au siège du CHP à Ankara, empêchant Özel d’y accéder avec son équipe. Le ministre de l'Intérieur, Mustafa Ciftgi, a précisé que cette intervention avait été faite "à la demande" de Kiliçdaroglu, qui, après avoir perdu l’élection présidentielle face à Erdogan en mai 2023, avait été évincé par son propre parti, le CHP.
En 2024, le parti a pourtant connu un regain de dynamisme en remportant des élections locales clés, notamment à Istanbul. Cependant, le maire de cette mégapole, Ekrem Imamoglu, a été arrêté en mars 2025 sous des accusations de corruption, ce qu'il nie fermement. Sous le coup de 142 chefs d'inculpation, il risque jusqu'à 2.430 années de prison.
M. Özel a également exhorté les membres du CHP à demeurer unis et à continuer le combat interne, face à la possibilité de démissions massives au sein du parti. "Nous devons rester et lutter ensemble pour notre cause", a-t-il conclu, réaffirmant sa détermination face à la répression actuelle.







