Les Gardiens de la Révolution iraniens ont récemment évoqué l'instauration de « permis » pour l'utilisation des câbles sous-marins dans le Détroit d'Ormuz. Cela soulève des préoccupations majeures quant à la sécurité des données traversant cette zone stratégique. Mais que recouvre exactement cette menace ?
Quels câbles passent par Ormuz ?
Une partie de l'AAE-1 (Asie, Afrique, Europe), un réseau sous-marin reliant des lieux allant de Hong Kong à l'Italie, passe par le Détroit d'Ormuz. Les câbles FALCON et Gulf Bridge, quant à eux, relient le Golfe, y compris l'Iran, à l'Inde et à l'Afrique de l'Est, atteignant même l'Égypte.
« Ces câbles transportent d'innombrables types de données : vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales », explique Alan Mauldin, directeur de recherche chez TeleGeography. La menace iranienne pourrait avoir des implications limitées au niveau mondial, car la majorité des données transitant entre l'Asie et l'Europe empruntent d'autres routes.
Quelle menace pèse sur ces câbles ?
« Le Détroit d'Ormuz est un espace restreint, propice à des opérations de harcèlement, qu'il s'agisse de manœuvres militaires par des navires ou de l'utilisation de drones », analyse Éric Lavault, ancien officier de la marine française. Il souligne que les forces américaines ont des difficultés à entraver les actions militaires de l'Iran, un pays qui préserve un fort potentiel militaire et pourrait gêner les opérations de maintenance et l'installation de nouveaux câbles.
Les câbles sous-marins sont souvent endommagés, souvent par accident, avec environ 200 incidents recensés annuellement selon TeleGeography. Les navires de réparation, indispensables pour restaurer ces installations, sont vulnérables en opération et nécessitent des autorisations pour intervenir dans des eaux étrangères.
Est-ce conforme au droit ?
Les déclarations iraniennes concernant ces permis restent floues. L'Iran a signé la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) en 1982, mais ne l'a jamais ratifiée. Par conséquent, selon Éric Lavault, Téhéran pourrait violer le droit international en tentant d'imposer des prélèvements ou en entravant la pose de nouveaux câbles.
Alors que le monde s'inquiète de ces nouvelles tensions dans le Golfe, la situation souligne une fois de plus l'importance des infrastructures numériques et les risques qu'elles encourent dans un contexte géopolitique complexe.







