La Cour suprême israélienne a entériné l'interdiction pour 37 ONG humanitaires internationales d'exercer dans les Territoires palestiniens, comme annoncé par le gouvernement mercredi dernier.
Les autorités israéliennes avaient imposé, l'an passé, la condition controversée de soumettre les noms des employés palestiniens de ces ONG pour des raisons de sécurité, afin d'obtenir l'autorisation de travailler à Gaza et en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.
Bien qu'un délai jusqu'à la fin février ait été accordé pour s'y conformer, la Cour, saisie par un consortium représentant ces organisations, avait initialement accordé une suspension sans se prononcer sur le fond du dossier.
Finalement, la haute juridiction a validé ces nouvelles exigences, accordant un délai supplémentaire de 30 jours pour les ONG afin qu'elles se conforment, sous peine d'une cessation immédiate de leurs activités. Selon le communiqué du bureau de presse gouvernemental, la Cour a rejeté les requêtes des plaignants, permettant au gouvernement d'exiger ces informations sur l'identité des employés.
Les organisations touchées incluent Médecins Sans Frontières (MSF), Oxfam, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et CARE, ayant reçu notification en décembre 2025 que leurs licences en Israël seraient bientôt expirées.
Yotam Ben-Hillel, avocat représentant ces ONG, a qualifié cette décision de "profondément décevante", affirmant qu'elle illustre une fois de plus le statut marginal du droit international dans le système judiciaire israélien. Selon lui, Israël ne peut pas légalement contraindre ces organisations, déjà enregistrées localement, à cesser leurs activités en Cisjordanie occupée et à Gaza. Cette situation risque de compliquer la coordination de l'aide humanitaire, à une époque où les ONG dépendent des autorités israéliennes pour l'accès.
Le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense responsable des affaires civiles dans les territoires palestiniens, justifie cette mesure par la nécessité d'empêcher le Hamas de se servir des ONG comme couverture pour des activités terroristes. Son ministre, Amichaï Chikli, a salué la décision, affirmant : "L'État d'Israël ne permettra pas des activités terroristes sous couvert d'action humanitaire. La fête est finie!".
Des ONG comme MSF, qui ont perdu 15 collaborateurs à Gaza depuis le début des hostilités en 2023, ont exprimé leurs réticences à divulguer la liste de leurs employés en raison des préoccupations concernant leur sécurité.







