La justice israélienne a décidé de prolonger jusqu'à dimanche 10 mai la détention de Thiago Avila et Saif Abu Keshek, deux militants engagés dans la flottille pour Gaza. Leur avocate dénonce avec force « une volonté de criminaliser toute forme de solidarité avec le peuple palestinien ».
Israël continue de susciter des préoccupations relatives au respect du droit international. Le 5 mai, la cour a prolongé la détention des militants arrêtés en mer Méditerranée, kidnappés par l'armée israélienne dans la nuit du 29 au 30 avril. En plus de Thiago et Saif, environ 175 autres militants ont également été appréhendés, mais la majorité d'entre eux ont été libérés depuis. Les deux hommes sont actuellement accusés de liens avec le Hamas.
Selon Hadeel Abu Salih, l'avocate de l'ONG israélienne Adalah, le juge a justifié cette prolongation, précisant que la police devait encore mener des interrogatoires. « La plupart des questions portaient sur leur participation à la flottille, et à ce stade préliminaire, les éléments de la police n'ont pas été partagés avec la défense », a-t-elle ajouté.
Une détention illégale dénoncée par les défenseurs des droits humains
Durant l’audience, les accusations retenues contre eux incluent « assistance à l’ennemi en temps de guerre, contacts avec un agent étranger, ainsi que appartenance à une organisation terroriste ». L'avocate a affirmé que « leur détention est illégale et doit s'arrêter immédiatement, surtout compte tenu qu'ils sont deux étrangers, arrêtés dans des eaux internationales, à près de mille kilomètres de Gaza ».
Les mauvais traitements infligés à ces militants ont été dénoncés par l’ONG Adalah, qui évoque des « abus psychologiques » ainsi que des interrogatoires prolongés, un éclairage intense en cellule, et des déplacements systématiques les yeux bandés, même lors des visites médicales. Thiago et Saif se trouvent en grève de la faim depuis leur arrestation il y a six jours, toujours selon l'ONG.
Ces actions sont vilipendées par la défense qui affirme que leur mission avait un but strictement humanitaire, sans lien avec le terrorisme, appelant à une réévaluation de l'application du droit israélien dans ce contexte. L'implication croissante des instances internationales pourrait être une voie à envisager pour mettre fin à cette détention controversée.







