Près de 100 000 retraités de l’Agirc-Arrco sont concernés par de potentiels versements pour des suspensions de pensions injustifiées, ce qui représente un montant total estimé à 850 millions d’euros. Ce réexamen fait suite à la détection d'anomalies dans le traitement de certains dossiers, notamment chez des assurés vivant à l’étranger ou bénéficiant d’une pension de réversion.
En effet, selon les données révélées par Les Echos, jusqu’à 100 000 pensionnés pourraient avoir été privés, sans justification, de tout ou partie de leur retraite complémentaire. L’Agirc-Arrco a croisé récemment ses bases de données avec celles de la DGFIP (Direction générale des finances publiques) et a identifié environ 100 000 dossiers avec des "incohérences" à vérifier, selon une source interne citée par l'AFP.
Qui est concerné ?
Les retraités concernés se divisent en deux groupes : ceux vivant à l'étranger, qui doivent régulièrement fournir des certificats de vie, et les bénéficiaires de pensions de réversion, devant déclarer un éventuel remariage. En cas de non-réponse aux courriers ou emails, leurs pensions ont été suspendues pendant un an, puis totalement gelées.
Cependant, l’Agirc-Arrco souligne que bon nombre de ces retraités n'ont pas réagi aux demandes pour des raisons variées, telles que la difficulté d’accès aux outils numériques, la barrière linguistique, ou encore des problèmes d’adresse. Ce sont généralement des personnes qui n'avaient jamais contesté ces suspensions, ce qui a poussé l'Agirc-Arrco à initier un processus de vérification de leurs dossiers.
Un réexamen des dossiers
Utilisant un nouveau système informatique pour croiser efficacement les données, la caisse de retraite complémentaire a pu identifier des anomalies et commencer le réexamen de plusieurs milliers de dossiers. D'après une note interne divulguée par Les Echos, 12 000 retraités ont déjà été identifiés comme ayant subi un préjudice, ce qui représente une somme de près de 69 millions d’euros. En parallèle, 86 000 autres cas présentant une forte probabilité d’erreur ont également été signalés, totalisant environ 780 millions d’euros.







