Des milliers de citoyens ont défilé à Buenos Aires jeudi, à l'aube du 1er mai, pour protester contre les mesures d'austérité accueillies par le président ultralibéral Javier Milei. La principale organisation syndicale, la CGT, a promis de "durcir les conflits" sociaux.
"Nous intensifierons notre lutte, la patience est à son terme!", a déclaré Octavio Argüello, co-secrétaire général de la Confédération générale du Travail (CGT), devant une foule énergique. "Il est inacceptable que ce soient toujours les travailleurs qui paient le prix de l'ajustement budgétaire."
Jorge Sola, autre dirigeant de la CGT, a averti que des actions de contestation plus radicales pourraient être programmées, bien que l'idée d'une grève générale, qui marquerait la cinquième sous la présidence de Milei, reste pour l'heure en suspens.
La manifestation, qui s'est déroulée dans une atmosphère festive avec des pétards et des tambours, a vu le symbole de la place de Mai, devant la présidence, accueillir à moitié une foule fervente.
Les manifestants s'inquiètent particulièrement des propositions d'extension des heures de travail, de la remise en question des indemnités de licenciement, et de l'affaiblissement des protections collectives. "Nous perdons des droits, et la situation économique devient de plus en plus pénible", a déclaré Oscar Marin, employé dans le secteur du recyclage.
Luz Marina Jaureguiberry, dirigeante du syndicat des enseignants Sadop, a qualifié ce modèle économique ultralibéral d'"attaque contre la justice sociale".
Le contexte du 1er mai est particulièrement tendu, marqué par le vote en février d'une réforme majeure visant à déréguler le marché du travail, initiative controversée de l'exécutif. La CGT conteste cette réforme sur le fondement de son inconstitutionnalité.
Pour les autorités, cette réforme vise à assouplir le marché du travail et à encourager l'emploi dans un pays où 43% des travailleurs évoluent dans l'économie informelle, une proportion en constante augmentation depuis deux ans.







