À la suite des attaques incessantes par missiles et drones iraniens, les nations du Golfe se tournent vers l'ukraine pour acquérir des technologies de défense. Forts de leur savoir-faire, les ukrainiens ont su se positionner comme leaders dans le domaine des drones intercepteurs, avec une prévision de production atteignant près de 5 millions d'unités cette année.
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Dans le ciel ukrainien, le spectacle est habituel : un drone intercepteur traque un Shahed, un drone kamikaze. Au moment de l'impact, l'appareil ennemi se désagrège. Pour neutraliser ce danger aérien, les ingénieurs ukrainiens ont mis au point un petit drone capable d'éliminer des cibles bien plus volumineuses. Ces appareils transforment profondément le paysage militaire contemporain.
Des drones intercepteurs déployés sur le front
Comment s'organisent les opérations sur le terrain ? De petites équipes mobiles, équipées de véhicules civils, se déploient. Composées de deux pilotes et d'un spécialiste en explosifs, elles s'installent en moins de dix minutes. Elles s'appuient sur des systèmes sophistiqués pour repérer, suivre et neutraliser les drones adverses grâce à des radars et des brouilleurs.
Leur drone, mesurant moins de 60 cm, est efficace de jour comme de nuit grâce à une caméra thermique. « Ces petits drones intercepteurs surpassent de loin les grands modèles. Leur rapidité est remarquable », souligne un artificier de la 301e brigade de défense antiaérienne. Bien que la vitesse exacte soit confidentielle, elle dépasse les 300 km/h.
Un soldat supervise les opérations depuis une station de pilotage, maîtrisant le Strila. Cependant, abattre un drone ennemi n'est pas une tâche simple. « Lorsqu’un de nos drones s’approche de l’arrière du Shahed, le pilote russe peut recourir à l’intelligence artificielle ou tenter d’échapper manuellement à notre intercepteur », fait savoir un pilote de la brigade.
Actuellement, l'ukraine abrite plus de 450 fabricants de drones. L'accès aux usines est limité pour des raisons de sécurité, mais une visite à Kiev a révélé une production mensuelle de 10 000 appareils. « Nous disposons de 300 imprimantes 3D qui tournent sans relâche. Notre capacité de production s'accroît face à la demande mondiale », déclare Marko Kushnir, porte-parole de General Cherry. Pour 2026, l'ukraine projette de produire 4,5 millions de drones.
Des exportations à l’étranger
Le contexte de guerre en Iran a mis en avant l'ingéniosité ukrainienne en défense aérienne. Le président Zelensky a récemment négocié des ventes de drones intercepteurs vers plusieurs pays du Golfe. Cependant, la protection de l'ukraine reste prioritaire, et les exportations d'armes s'opèrent avec prudence. « Nos partenaires savent que nous sommes prêts à vendre nos drones, tant que cela ne nuit pas à notre défense », souligne David Aloyan de la commission des exportations d’armes.
Plus de 200 experts ukrainiens ont été dépêchés au Moyen-Orient pour contrer les drones d'attaque iraniens, des dispositifs similaires à ceux qui frappent l'ukraine quotidiennement.







