Alors que Cuba est de nouveau au centre des attentions politiques avec les récentes déclarations de Donald Trump, l'émission Envoyé spécial se penche sur l'état d'esprit d'une jeunesse cubaine de plus en plus déterminée à revendiquer son avenir. Sur les murs de La Havane et sur les réseaux sociaux, les messages d'espoir et d'appel au changement s'intensifient.
Dans la capitale cubaine, les bâtiments historiques témoignent de l'usure du temps, et la vie quotidienne devient de plus en plus précieuse. Le durcissement de l'embargo américain, mis en place depuis plus de soixante ans, pèse lourdement sur l'économie locale. Aujourd'hui, les familles font face à des pénuries de biens essentiels : essence, nourriture, et même électricité se font de plus en plus rares. Les Cubains, fatigués et frustrés, expriment une colère grandissante envers le régime en place, tandis que près d'un million de personnes ont déjà quitté l'île en quête d'un meilleur avenir.
Mario, un jeune Cubain récemment expulsé des États-Unis, témoigne de la dure réalité de son retour forcé. Il explique que, malgré son attachement à son fils resté là-bas, il nourrit un sentiment ambivalent, espérant même une « intervention militaire directe » pour changer les choses. Sa mère, Marta, bien qu'inquiète de son discours, partage son désir de voir un Cuba régi par la liberté d'expression et le droit de voyager.
Influenceurs et street artistes dans le viseur des autorités
Parmi cette jeunesse, les opinions divergent : certains souhaitent une pression extérieure pour forcer le changement, tandis que d'autres misent sur une mobilisation interne. Les réseaux sociaux résonnent d'appels à une action collective : "Ils craignent que le peuple se lève...", déclare un influenceur à ses abonnés. Ces voix, qui gagnent en visibilité, sont cependant de plus en plus surveillées ; de nombreux influenceurs ont été arrêtés le 6 février 2026.
Des slogans tels que "Necesitas ser feliz", ou "Tu as besoin d'être heureux", apparaissent sur les murs de la ville, portés par des street artistes comme Abraham. Ce dernier souligne que ce message simple, perçu comme une invitation à se renouveler, pourrait devenir le nouveau cri de ralliement d'un peuple fatigué.
Dans ses mots, "C'est un appel à la joie, pas une contrainte", dit-il, espérant que cela puisse un jour remplacer le célèbre slogan de Che Guevara, "¡Hasta la victoria siempre!".
Cet article s'inspire d'un reportage de France 2, diffusé dans Envoyé spécial le 30 avril 2026.







