La justice néo-zélandaise a statué ce jeudi 30 avril. Dans une décision marquante, la cour d’appel a désavoué la requête de Brenton Tarrant, le suprémaciste blanc ayant orchestré les attaques meurtrières de Christchurch en mars 2019. Lors de cette tragédie, il avait ouvert le feu dans deux mosquées, causant la mort de 51 personnes et blessant 49 autres. Tarrant, qui contestait sa condamnation à perpétuité, a avancé des conditions de détention qu’il qualifie d’« inhumaines », prétendant qu’elles avaient altéré sa capacité de jugement.
Les juges n’ont toutefois manifesté aucun doute quant à la solidité de la condamnation. Ils ont mis en avant le manque de fondement de ses arguments. Dans leur décision, ils ont déclaré : "La Cour n’accepte pas les preuves soumises par M. Tarrant concernant son état mental au moment des faits". Selon eux, les incohérences relevées dans son témoignage sont en contradiction avec les évaluations acceptées par l’administration pénitentiaire et les experts en santé mentale à cette époque, rapportent nos confrères de Le Monde.
Au cours du procès initial en 2020, le juge Cameron Mander avait évoqué la "haine profonde" qui motivait les actions de Tarrant, le qualifiant d’« individu tordu ». Il avait alors souligné le rôle crucial du système judiciaire pour contrer de telles atrocités. "Il revient à la Cour d'apporter une réponse de rejet catégorique face à des malfaisances aussi haineuses", avait déclaré Mander en imposant une peine sans précédent dans l'histoire judiciaire néo-zélandaise.
Des aveux jugés volontaires par les juges
Un collège de trois magistrats a conclu que les aveux de Tarrant étaient le fruit d'une volonté libre. Selon leurs observations, il n'y avait aucune indication de pression extérieure pour le pousser à plaider coupable. Une affirmation qui renforce le poids de la décision judiciaire et soulève des questions sur la manière dont certaines violations des droits humains peuvent être utilisées dans un cadre légal.







