La décision du président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, de rester au sein de l’institution en tant que gouverneur après son mandat de président prévu le 15 mai, a pris tout le monde de court, notamment Donald Trump. Lors d'une récente conférence de presse, Powell a déclaré : "Je partirai quand je le jugerai approprié", en raison d'un climat marqué par des pressions politico-judiciaires. Sa décision d’opter pour un maintien à la Fed rompt avec les conventions habituelles, suscitant le mécontentement de l’exécutif américain.
Le ministre des Finances, Scott Bessent, a qualifié cette décision de "violation des règles de la Fed", ajoutant qu'elle constitue une "insulte" envers Kevin Warsh, le candidat choisi par Trump pour diriger la banque centrale.
Les tensions entre Trump et Powell
Donald Trump n’a pas tardé à exprimer son indignation, affirmant sur Truth Social que Powell ne reste qu'en raison d'un manque d'opportunités ailleurs, ajoutant : "Personne ne veut de lui". Ce maintien, vu comme une désobéissance, est perçu comme un revers pour la Maison-Blanche, d’autant que Trump a critiqué la Fed pour son refus de réduire les taux d’intérêt.
Powell a précisé qu'il souhaitait "faire profil bas", reconnaissant qu’il se sent toujours exposé à des poursuites judiciaires. Il a souligné l'importance d'une indépendance forte pour la Fed en affirmant : "Nous travaillons simplement directement pour le peuple américain". Ses propos ont mis l'accent sur l'obligation de résister à toute pression politique pour éviter de compromettre la mission de la banque centrale.
Un contexte économique délicat
Actuellement, la Fed maintient ses taux entre 3,50 % et 3,75%, invariants depuis décembre. Cette stabilité cache cependant un profond désaccord au sein de l'institution, avec quatre dissentiments de membres, ce qui est sans précédent depuis trois décennies. Stephen Miran a sollicité une baisse des taux, alors que Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan ont exprimé des réserves sur cette décision, mentionnant des possibilités d’augmentation des taux en réponse à l'inflation.
Alors que le climat économique reste tendu, les répercussions de la décision de Powell sur l’indépendance de la Fed et ses interactions avec la Maison-Blanche seront à surveiller de près. Kevin Warsh attend désormais le vote du Sénat pour finaliser sa nomination, après avoir obtenu le feu vert d’une commission, ce qui pourrait encore aggraver les tensions entre les deux camps.







