Les agriculteurs du Cher expriment leur inquiétude croissante devant les dévastations causées par les sangliers sur leurs cultures. Suite à l'annulation, par le tribunal administratif, de l'arrêté préfectoral autorisant les tirs de nuit, ces derniers estiment que leurs options pour agir sont désormais trop limitées. De nombreux dégâts ont déjà été enregistrés sur les cultures de maïs, et les producteurs préviennent que la situation pourrait s'aggraver rapidement.
Le tribunal a récemment jugé que le préfet avait outrepassé ses droits en autorisant l'utilisation de sources lumineuses et de lunettes thermiques pour ces tirs, une mesure qui était en effet en contradiction avec un arrêté ministériel datant de 1986. Paul Gitton, un agriculteur de Baugy, témoigne : "Cette méthode était efficace et rapide. Nous avions simplement besoin de prévenir les autorités deux jours à l'avance, contrairement à une battue qui peut prendre jusqu'à quinze jours et engendrer des tensions avec le voisinage. En conséquence, nous avons dû nous contenter d'effaroucher manuellement les sangliers, ce qui est épuisant et très chronophage. Fin juin, lorsque le maïs sera en lait, nous risquons d'être submergés par ces animaux."
L'association des chasseurs de grand gibier du Cher, qui a porté l'affaire devant le tribunal, plaide, quant à elle, pour une révision complète des dispositifs d'indemnisation destinés aux agriculteurs. Jean de Jouvencel, président de cette association, souligne : "Les agriculteurs ont d'autres moyens pour protéger leurs cultures, comme l'installation de clôtures électriques ou l'intervention des lieutenants de louveterie. Chaque méthode a ses avantages, mais l'arrêté tacitement annulé favorisait principalement un droit d'affût."
Cette question n'est pas sans susciter des débats dans le milieu agricole. De nombreux agriculteurs continuent d'appeler à une approche plus flexible, car, selon les experts, augmenter le nombre de sangliers sans capacité adéquate pour réguler leur population n'est pas viable. Selon des estimations, les chasseurs du Cher ont déjà dépensé 800.000 euros l'année dernière pour couvrir les dommages causés par le gibier. Cette situation insoutenable pourrait donc mener à des revendications plus fortes pour une réforme des lois en vigueur.







