Donald Trump a déclaré vendredi que l'Iran avait réouvert le détroit d'Ormuz, affirmant qu'il n'existait aucun "point de blocage" pour finaliser un accord de paix. Ses commentaires, recueillis par l'AFP, interviennent après l'annonce iranienne.
"Nous sommes très proches d'obtenir un accord", a-t-il affirmé lors d'un entretien téléphonique. À la question sur d'éventuels désaccords avec l'Iran, le président américain a répondu par la négative.
L'annonce de Téhéran concernant la réouverture du détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un cessez-le-feu, suscite un nouvel espoir pour la paix au Moyen-Orient, alors même qu'une trêve entre Israël et le Hezbollah libanais est mise en place.
Cette réouverture a eu un impact positif sur les marchés financiers, provoquant une chute des prix du pétrole et un rebond sur les Bourses européennes, remontant après cinq semaines de conflits qui ont mis à mal l'économie mondiale.
"En lien avec le cessez-le-feu, le passage des navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est maintenant totalement ouvert", a annoncé Abbas Araghchi, le chef de la diplomatie iranienne sur X. Toutefois, les navires militaires restent exclus, selon les médias d'État.

Trump a salué cette avancée sur son réseau Truth social, remerciant l'Iran et affirmant que le pays avait promis de ne plus fermer le détroit, par lequel transite environ 20 % des hydrocarbures mondiaux. Toutefois, il a précisé que le blocus américain des ports iraniens resterait "entièrement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations.
De son côté, l'amiral Shahram Irani, chef de la marine iranienne, a rejeté toute idée de blocage, affirmant que des navires respectant les règles traversaient le détroit quotidiennement.
En ce qui concerne l'uranium hautement enrichi, Trump a évoqué un consensus selon lequel l'Iran accepterait de le céder. Ces affirmations n'ont pas encore été confirmées par Téhéran, qui conteste toujours tout projet d'armement nucléaire.
Les pourparlers continuent sous l'égide du Pakistan pour organiser une seconde session de négociations entre les États-Unis et l'Iran, suite à une première rencontre à Islamabad le week-end dernier. L'Iran a exigé une trêve au Liban comme condition pour engager ce second cycle de négociations.
C'est la première fois depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran, le 28 février, que les armes se taisent sur l'ensemble des fronts. Cela a permis à de nombreux déplacés de retourner chez eux au Liban, malgré les avertissements du gouvernement israélien.
Cependant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que le travail pour désarmer le Hezbollah n'était pas terminé. L'armée israélienne maintient sa présence dans une bande de 10 km à l'intérieur du Liban.
Trump, qui a négocié cette trêve de dix jours, a raidi le ton vis-à-vis d'Israël, en déclarant : "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils en ont l'interdiction de la part des États-Unis. Ça suffit!"
Malgré cela, l'agence nationale libanaise a rapporté un mort à la suite d'une frappe israélienne dans le sud du pays, sans réponse immédiate d'Israël.
La cessation des hostilités, entrée en vigueur à minuit (GMT), intervient après un mois et demi de conflit ayant coûté la vie à près de 2.300 personnes au Liban et déplacé plus d'un million d'individus.
Vendredi, les routes du sud du Liban étaient encombrées de voitures, transportant matelas et meubles à des foyers ravagés. "C'est un sentiment indescriptible, un mélange de fierté et de victoire", témoignait Amani Aatrash. "Aucun soldat israélien ne doit rester sur notre terre, ils doivent se retirer pour que nous puissions vivre en paix".
Le Liban envisage dès à présent un "accord permanent" avec Israël, selon le président Joseph Aoun, qui a promis de préserver les droits de la nation et de ne pas concéder un pouce de territoire.
Avant l'entrée en vigueur de la trêve, de violents échanges de frappes se sont poursuivis, causant, selon la municipalité, au moins 13 morts et de nombreux blessés lors de bombardements israéliens sur Tyr.
Le Hezbollah, rappelant son engagement, a décrété que ses unités restaient prêtes, surveillant toujours les mouvements ennemis.







