« Toutes les personnes injustement détenues depuis le coup d'État doivent être libérées immédiatement », a déclaré Volker Türk, le chef des droits de l’homme de l'ONU, ce vendredi. Ce jour-là, une amnistie a été annoncée par Min Aung Hlaing, le président récemment élu du pays, à travers laquelle la peine de l'ancienne dirigeante birmane a été réduite.
Aung San Suu Kyi, ancienne lauréate du prix Nobel de la paix, a vu sa peine de 27 ans diminuée dans le cadre d’un élargissement plus large décidé par la nouvelle administration, comme l'a rapporté l'AFP. Cette amnistie concerne une réduction d'un sixième des peines pour ceux condamnés à moins de 40 ans. Selon des sources, cela s'applique également à l'icône de la démocratie, dont le gouvernement a été destitué lors du coup d'État en 2021.
Aujourd'hui âgée de 80 ans, Aung San Suu Kyi purge actuellement sa peine dans un lieu secret, suite à des condamnations pour des accusations largement considérées comme politiques.
En réponse à cette décision, Volker Türk a insisté sur l'urgence de libérer « toutes les personnes détenues injustement », y compris Aung San Suu Kyi, sur le réseau social X, soulignant l'importance d'une justice authentique en Birmanie.
Un effort de reconstruction nationale
Cette amnistie inclut également la grâce de Win Myint, l'ancien président du pays, et fait partie d'un prétendu effort de « reconstruction nationale » pour améliorer la situation politique. Célébré récemment, le Nouvel An birman, Thingyan, est traditionnellement le moment où des amnisties sont accordées.
Min Aung Hlaing, qui a pris la tête de la junte militaire avant d'être élu président, a récemment organisé des élections législatives, présentées comme un retour à la démocratie. Cependant, ces élections ont été largement critiquées, tant par des observateurs internationaux que par des nations étrangères, en raison de leur transparence douteuse et de l'absence d'opposition réelle.
Selon les estimations de l'ONU, plus de 130 condamnations à mort ont été prononcées à l’encontre de dissidents depuis 2021. L'Association d’Aide aux Prisonniers Politiques indique que plus de 30 000 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques depuis le coup d'État, illustrant ainsi la gravité de la situation des droits humains en Birmanie.







