L'essentiel
- Le spoofing est une méthode qui envoie de faux signaux GPS pour dérouter les récepteurs.
- Certaines chaînes de pétroliers sous sanctions utilisent cette technique pour changer leur identité numérique.
- Des experts sont alarmés par les risques que le spoofing fait peser sur la sécurité aérienne et maritime.
Dans les eaux complexes du détroit d’Ormuz, un pétrolier peut passer inaperçu grâce à des technologies sophistiquées. En effet, la traçabilité de ces géants des mers repose sur un système de transpondeurs AIS, qui déclarent leur position et identité. Cependant, grâce à une méthode appelée spoofing, certains navires iraniens réussissent à déjouer ce système, permettant à des pétroliers sous sanctions de naviguer sans attirer l'attention.
Le terme "spoofing", qui signifie "usurpation", englobe une série de pratiques malveillantes. Par exemple, des arnaqueurs utilisent cette technique pour tromper des victimes en se faisant passer pour des conseillers bancaires. En matière de sécurité maritime, la possibilité de manipuler des signaux AIS pose des questions de sécurité majeures.
Le spoofing comme arme de guerre
Le spoofing n’est pas une simple arnaque ; c’est devenu une arme utilisée sur des terrains de conflits, notamment en Ukraine. Xavier Tytelman, expert en aéronautique, explique que les forces ukrainiennes utilisent cette technique pour tromper les drones russes, altérant ainsi leur trajectoire ou les redirigeant vers des cibles inoffensives.
Selon le groupe Safran, ce faisant, la sécurité des déplacements aériens est mise en péril. Contrairement à une technique comme le jamming, qui brouille les signaux, le spoofing spécifiquement trompe les récepteurs, conduisant à des erreurs de navigation difficilement détectables.
Disparaître ou se faire passer pour un autre
Tout appareil utilisant le système de Satellite de Navigation Global (GNSS), que ce soit le GPS américain ou le Galileo européen, est susceptible d’être ciblé par ces manœuvres. Dans le contexte du détroit d’Ormuz, les navires iraniens opèrent des changements audacieux. Des compagnies comme Windward rapportent que des pétroliers éteignent leur transpondeur AIS pour ne pas être localisés, un acte qui, bien que dissimulant leur position, peut facilement éveiller des soupçons.
Plus troublant encore est l'utilisation du spoofing, où un navire peut feindre d'être un autre en modifiant son pavillon AIS ou son numéro d’identification. Cela soulève des inquiétudes quant à la capacité des autorités à contrer ces manœuvres. Un rapport du New York Times cite un spécialiste qui souligne qu'il est même possible de falsifier presque toutes les informations maritimes, rendant la navigation à travers le détroit nettement plus complexe.
À ce sujet, Windward a détecté près de 150 activités suspectes dans cette zone névralgique au cours des derniers jours, mettant en lumière une série de mouvements inattendus de navires, dont de nombreux pétroliers potentiellement soumis à des sanctions.







