À trois semaines du bac, un lycéen de Caen arrêté dans des circonstances inquiétantes

Les professeurs et élèves se mobilisent pour soutenir Ferlie, arrêté dans un contexte dramatique.
À trois semaines du bac, un lycéen de Caen arrêté dans des circonstances inquiétantes
Les élèves du lycée Jean Rostand ont affiché leur soutien à leur camarade. © Aucun(e) - Sylvaine Lecomte

L'atmosphère est tendue au lycée Jean Rostand de Caen où l'incompréhension règne après l'arrestation de Ferlie, un élève de terminale visé par une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Vendredi 22 mai, alors qu'il se rendait au commissariat pour pointer, il a été interpellé et emmené au centre de rétention d'Orléans, à l'approche des épreuves du baccalauréat qui se déroulent dans trois semaines.

Ferlie, âgé d'au moins 18 ans et ayant déjà redoublé sa terminale, s'apprêtait à passer le bac. Face à cette situation dramatique, l'équipe éducative se mobilise pour qu'il puisse tout de même se présenter à l'examen. Des élèves solidaires se sont rassemblés dans la cour du lycée, affichant leur soutien au jeune homme en difficulté.

Une arrestation qui interroge

Raphaelle Mounier, professeur d'histoire-géographie, a exprimé son indignation : "Nous sommes gênés par les conditions d'arrestation et l'envoi à Orléans." Scolarisé au sein de l'établissement depuis quatre ans, Ferlie a suscité des questions sur la brutalité de son arrestation. "On savait qu'il était sous une OQTF, mais nous ne comprenons pas pourquoi il a été traité de cette manière", ajoute-t-elle.

Sylvaine Lecompte, une de ses anciennes enseignantes, n'est pas moins affectée. "C'est incroyable d'arrêter un élève qui avait de réelles chances de réussir ce bac, alors qu'il avait échoué l'année précédente. C'est vraiment insupportable", témoigne-t-elle avec émotion.

Des élèves mobilisés et des inquiétudes grandissantes

Ferlie, confiant et respectueux des protocoles, continuait de se présenter au commissariat sans imaginer qu'il serait interpellé avant de retourner en classe. D'après ses enseignants, sa situation familiale compliquée aurait contribué à son sentiment d'angoisse. "Il a été placé puis livré à lui-même", explique Raphaelle Mounier, soulignant les défis qu'il doit affronter en parallèle de ses études.

"Notre priorité est qu'il puisse passer le bac, c'est notre combat pour lui", conclut-elle vivement. Les enseignants et élèves de Caen font face à une situation qui interroge non seulement le parcours académique d'un jeune homme, mais également des questions profondes sur la dignité humaine et les mécanismes de l'immigration. Ces événements soulèvent un besoin pressant d'examiner les politiques en la matière.

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