Le tribunal de Grenoble a prononcé une décision tant attendue, condamnant les deux responsables de la carrière de La Rivière à une amende de 50.000 euros chacun pour avoir continué l'exploitation sans se conformer aux exigences de mesure des vibrations des tirs de mines. Malgré cette condamnation, la justice a noté qu'il n'y avait pas de lien entre cette négligence et l'éboulement massif survenu en juillet 2024, qui a entraîné la fermeture de la départementale 1532.
Lors de l'audience du 31 mars 2026, la présidente a souligné la “gestion négligente” des dirigeants, mais a des experts étudient, de manière curieuse, le fait que cet éboulement, qui a libéré un million de mètres cubes de roches, ne serait pas attribuable à des fautes dans leur gestion. La justice a reçu 16 requêtes de parties civiles, incluant des agriculteurs et des municipalités, mais a rejeté leurs demandes d'indemnisation, malgré la reconnaissance de leur statut de victimes. L'évaluation des dommages reste donc un sujet de préoccupation pour ces acteurs locaux.
Les réactions sont aigres-doucesFrançois Izzo, membre du collectif La Montagne gronde, a exprimé son indignation à la sortie du tribunal : “50.000 euros pour avoir mis en danger la vie des gens, ce n'est vraiment pas cher payé”. En effet, cette somme semble dérisoire face aux perturbations causées depuis longtemps et à la lutte pour rétablir un semblant de normalité.
Jean-Yves Balestas, l'avocat des municipalités touchées, se montre plus optimiste, suggérant qu'une voie est encore ouverte pour obtenir d'éventuelles indemnisations par le biais de la justice administrative. “L'indemnisation pourrait être envisageable, même en l'absence d'un lien direct de causalité,” explique-t-il. Le Département de l'Isère, aussi partie civile, a récemment engagé une procédure d’expertise pour éclaircir les circonstances de l'éboulement.
Pour le moment, les avocats des dirigeants n'ont pas souhaité commenter cette décision. La société gestionnaire de la carrière a également écopé d'une amende de 150.000 euros.
Cette situation complexe soulève des inquiétudes chez les habitants et les autorités locales, alors que la lutte pour justice continue de faire écho dans la région.







