L'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, âgé de 77 ans, a été confronté à de nouvelles accusations lors de son procès à Nanterre, où il est accusé d'avoir utilisé des policiers municipaux à des fins personnelles entre 2010 et 2015. Les réquisitions s'élèvent à 18 mois de prison ferme pour détournement de fonds publics.
Lors de l'audience, qui s'est tenue jeudi dernier, une montée de tensions a conduit à une interruption soudaine. L'avocat de Balkany, Robin Binsard, a remis en question la validité de la procédure, évoquant des dysfonctionnements majeurs pendant une enquête qui a duré quatorze ans. De son côté, le procureur a répliqué avec humour, déclarant que «le temps ne fait rien à l'affaire». Face à la décision de la présidente, Céline Ballerini, de relier l'incident à l'affaire principale, Balkany s'est enflammé, déclarant : «Le maire en fonction est responsable de tout, le juge (...) n'est responsable de rien».
La présidente a alors considéré qu'il était préférable de suspendre l'audience, notant que «nous frôlons l'outrage». Avant cette suspension, Balkany avait tenté de justifier l'affectation des agents de police par des raisons de sécurité, rappelant des incidents antérieurs, tout en soutenant que ses mesures permettaient de générer des «économies pour la commune».
Comme rapporté par le média Le Monde, Balkany a aussi exprimé son agacement sur les conditions de travail de ses fonctionnaires, lorsque Sébastien L. a témoigné avoir subi une forte perte de poids à cause de son emploi, illustrant les difficultés rencontrées par ses collaborateurs.
Balkany a décrit ses années passées à la tête de la municipalité de Levallois-Perret, évoquant même un incident où il se plaignait d'être traité comme un «larbin de service», soumis à la «colère monstre» de sa femme, Isabelle Balkany, lorsqu'il était réticent à s'occuper de leurs animaux. D'autres témoignages ont fait état d'expériences de travail plus que singulières, comme conduire la femme de Balkany à des événements luxueux.
À la lumière de ces révélations, Balkany a plaisanté en disant avoir toujours demandé des places de concerts pour Johnny Hallyday au bénéfice de son chauffeur, précisant que sa vie n'était pas celle d'un simplement privilégié. L'audience devra reprendre dans l'après-midi.
Ce procès s'inscrit dans un contexte où les liens entre Balkany et Renaud Guillot-Corail, son ancien directeur du développement économique, continuent d'être scrutés. Guillot-Corail, décédé en 2020, est au cœur des préoccupations judiciaires en raison d'une association financée par la ville qui a permis des paiements indus (Valeurs Actuelles).







