L'inflation française en hausse à cause de la guerre au Moyen-Orient

Les prix grimpent en France, révélant les premiers impacts de la guerre au Moyen-Orient.
L'inflation française en hausse à cause de la guerre au Moyen-Orient
©Fred TANNEAU, AFP - Les prix du carburant dans une station service de Saint-Martin-des-Champs dans le Finistère, le 10 mars 2026

Les répercussions du conflit au Moyen-Orient commencent à se faire clairement sentir en France, où l'inflation a atteint 1,7% en mars, tirée par l'augmentation des prix de l'énergie. Cette tendance soulève des incertitudes pour les mois futurs.

D'après une estimation préliminaire fournie par l'Insee, les prix à la consommation ont enregistré une hausse de 1,7% sur un an en mars, contre 0,9% en février.

La flambée de l'inflation est largement imputable à une forte hausse des coûts de l'énergie, notamment des produits pétroliers, qui ont augmenté de 7,3% sur un an, alors qu'ils affichaient une baisse de 2,9% le mois précédent.

Les économistes n'ont pas été pris au dépourvu par cette augmentation, anticipant que la guerre au Moyen-Orient impacte les prix du gaz, du pétrole et, par effet domino, ceux des carburants depuis le début du conflit le 28 février.

"Ce chiffre ne surprend pas, et il est dû principalement à la hausse des coûts énergétiques qui refont surface", a déclaré Maxime Darmet, analyste chez Allianz Trade, à l'AFP.

Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, a également noté : "Ces chiffres confirment qu'une première vague inflationniste est déjà en cours."

- Effets en chaîne -

Sylvain Bersinger du cabinet Bersingéco a souligné que les effets de la guerre en Iran sont déjà visibles, bien que "l'impact inflationniste n'ait pas encore atteint toute la chaîne de valeur."

Les détails montrent que les prix des services, ainsi que ceux du tabac, connaissent une légère accélération, tandis que les produits manufacturés diminuent plus rapidement.

L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet de comparer les inflations en zone euro, affiche une augmentation de 1,9% sur l'année en mars, après 1,1% en février.

Alors que l'augmentation des tarifs énergétiques n'a pas encore eu d'impact significatif sur d'autres catégories de prix, les experts s'attendent à des répercussions dans les mois à venir.

Maxime Darmet anticipe que "le prochain effet devrait se faire sentir sur les factures de gaz et d'électricité". Il avertit que si le conflit persiste après début mai, des conséquences pourraient s'observer sur les prix alimentaires et les biens en général.

Charlotte de Montpellier estime que "les effets secondaires, notamment via les coûts de transport et certains biens industriels, devraient bientôt apparaître", tout en précisant que le risque d'une spirale inflationniste demeure moins prononcé en France qu'ailleurs en zone euro.

Dans la zone euro dans son ensemble, l'inflation a atteint 2,5% sur un an en mars, contre 1,9% en février, le niveau le plus élevé depuis janvier 2025, selon les chiffres préliminaires.

- Persistance du choc -

Les économistes soulignent que l'ampleur de l'impact sur l'inflation et l'économie française dépendra de la durée et de l'intensité du conflit. Sylvain Bersinger parle d'un possible "mini choc pétrolier" mais relativise : "Les effets inflationnistes devraient être bien moindres que ceux de 2022 avec la guerre en Ukraine ou même que ceux des années 1970."

François Geerolf, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), ajoute : "Tout dépendra de la durée de ce choc." Cependant, à long terme, l'inflation croissante pourrait entraîner un ralentissement économique, et le pouvoir d'achat pourrait en pâtir si aucune action gouvernementale n'est entreprise.

Récemment, l'Insee a averti que la France pourrait connaître "un net regain d'inflation", dépassant les 2% ce printemps, tout en revoyant à la baisse ses prévisions de croissance pour les premier et deuxième trimestres, à 0,2% contre 0,3% antérieurement.

La surprise négative pour l'économie, les dépenses de consommation des ménages ont chuté de 1,4% en février, d'après de nouveaux chiffres publiés mardi.

Maxime Darmet a commenté cette baisse comme "une douche froide", précisant que "la consommation entre en conflit sur une base déjà fragile."

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