Confrontés à l'augmentation vertigineuse des prix des carburants, les employés de Solocal, anciennement Pages Jaunes, à Nancy, sollicitent leur direction pour obtenir un à deux jours supplémentaires de télétravail. Actuellement, ils ne bénéficient que d'un jour, une situation jugée insuffisante pour compenser les coûts croissants de leurs trajets domicile-travail, en particulier pour ceux dont le salaire est proche du SMIC. Pourtant, la direction demeure sourde à leurs demandes.
« Vous n'avez qu'à trouver la bonne pompe à essence »
Frédéric Gallois, délégué syndical Force Ouvrière de l'entreprise, exprime son incompréhension face à l'attitude de la direction. « C'est un manque de considération total envers les employés. Selon nos estimations, l'augmentation des prix des carburants pèse de 30 à 35 euros sur le budget de tous les salariés se rendant au travail en voiture. Pour ceux qui vivent loin, le télétravail nous offrirait un répit financièrement. En réponse à notre question, la direction a simplement suggéré de chercher une station-service moins chère, une réponse qui ne fait que renforcer notre frustration », déclare-t-il.
« Télétravail ne veut pas dire qu'on reste à la maison à ne rien faire »
Astrid (prénom modifié), salariée depuis plusieurs années, raconte son expérience. Elle se rend au travail en voiture et a constaté une hausse de ses dépenses quotidienne : « Je dépense désormais 30 à 35 euros de plus qu’avant. Le train ne serait pas une alternative viable, car cela me coûterait 9,80 euros par jour et me ferait perdre beaucoup de temps. Des jours supplémentaires de télétravail me soulageraient économiquement. Télétravail ne signifie pas ne rien faire chez soi. Au contraire, je pense qu'on est bien souvent plus productifs », ajoute-t-elle.
Avec près de 1800 employés à travers la France, dont une soixantaine sur le site de Nancy, Solocal fait face à une problématique de plus en plus pressante, la question de la flexibilité de travail, particulièrement dans un contexte économique difficile. Le mécontentement grandissant des salariés pourrait bien amener la direction à reconsidérer sa position sur le télétravail.







