Alors que le Muséum national d’Histoire naturelle célèbre son 400e anniversaire cette année, Gilles Bloch, président de l'établissement, tire la sonnette d'alarme face à la dégradation de certains de ses bâtiments emblématiques. Selon lui, il est urgent d'investir un milliard d'euros pour préserver ce patrimoine scientifique unique, composé de 120 bâtiments répartis sur près de 180.000 m², dont la renommée attire environ 3,6 millions de visiteurs par an.
Des besoins qui font frémir
"Le montant demandé peut paraître exorbitant, mais il reflète une réalité patrimoniale préoccupante," déclare Bloch. En effet, depuis le XIXe siècle, de nombreux bâtiments historiques du Muséum n'ont reçu que peu d'entretien, laissant certaines galeries fermées et en délabrement.
"Nous avons accumulé un retard considérable en matière d’entretien. Actuellement, notre budget d’investissement de 5 millions d'euros est principalement consacré à la maintenance courante," avertit le président. La mise en sécurité, la rénovation des galeries majeures, ainsi que la création de nouvelles réserves pour les collections sont des priorités avérées.
Pourquoi un tel investissement ?
Si au départ, l'objectif principal n'était pas de lever des fonds supplémentaires pour la rénovation, cette année anniversaire est devenue une opportunité cruciale. "Nous sommes confrontés à une réalité difficile : sans un budget approprié, nos réserves s'épuiseront d'ici 2027," souligne-t-il.
Les retards accumulés rendent aujourd'hui la situation critique ; le manque d'entretien pourrait mettre en péril la préservation des nombreuses œuvres et découvertes réunies depuis des siècles. D'autres institutions de renom, telles que le Louvre, ont connu des enjeux similaires, selon le Monde.
Des appels à l'aide
Pour établir ces estimations, le Muséum a collaboré avec des experts du ministère de l’Enseignement supérieur, tout en cherchant des mécènes susceptibles de contribuer au financement. "Nous avons besoin d'un soutien important, et je pense qu'avec une réponse positive de l'État, d'autres pourraient se joindre à nous," espère Bloch.
Une passion mise à l'épreuve
Les conditions de travail au sein du Muséum sont également affectées par cette situation. "Nos équipes se battent dans des locaux vétustes," confie le président, tout en saluant l'engagement de ses collaborateurs. Malgré les défis quotidiens, la passion pour la préservation des collections demeure forte.
Alors que l’événement marquant des 400 ans se prépare avec une programmation enrichie, la nécessité d'agir sur le plan financier devient plus pressante que jamais. "Il faut tirer profit de cet anniversaire pour rappeler l'importance de notre institution," conclut Gilles Bloch.







