Après quatre jours de débats acharnés, la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Yaoundé a pris fin sans parvenir à un accord sur des enjeux cruciaux tels que la réforme, le commerce électronique et l'agriculture. Les tensions croissantes entre des nations majeures comme l'Inde, le Brésil et les États-Unis ont marqué cette rencontre.
L'absence d'un consensus valide conduit à la fin du moratoire sur l'imposition de droits de douane pour les échanges numériques, en vigueur depuis 1998. Cette décision représente un coup dur pour les pays développés, et notamment pour les États-Unis, qui souhaitaient prolonger cette suspension.
Malgré tout, cela ne signifie pas qu'une taxation va être immédiatement mise en place. John Denton, secrétaire général de la Chambre internationale de commerce, a exprimé ses inquiétudes, soulignant que l'incapacité à atteindre un accord à Yaoundé est particulièrement alarmante au moment où l'économie mondiale fait face à de vives tensions.
Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'OMC, a admis que malgré les efforts déployés, le temps a manqué pour finaliser les discussions, prévues pour se clôturer dimanche. « Ce n'est pas le résultat espéré », a réagi Peter Kyle, secrétaire d'État britannique au Commerce, décrivant cette situation comme un revers sérieux pour le commerce mondial.
Quant aux États-Unis, un haut fonctionnaire a affirmé qu'ils avaient fait preuve de flexibilité, avant de pointer la responsabilité de deux autres pays, sans les nommer, qui auraient freiné l'avancée des négociations.
Les discussions, qui ont culminé avec une intense marchandisation, n'ont réussi à aboutir à aucun compromis sur l'agriculture, un sujet par essence délicat pour de nombreuses nations. Cependant, il y avait l'espoir d'un accord, même minimal, concernant la réforme de l'OMC.
Les tensions ont pris de l'ampleur, en particulier lorsque le Brésil a conditionné le débat sur le commerce électronique à celui de l'agriculture, protestant contre l'absence de progrès dans ce domaine. « L'agriculture représente le secteur le moins avancé en 30 ans d'existence de l’OMC. Cette situation ne peut plus persister », a déclaré Mauro Vieira, ministre brésilien des Affaires étrangères.
Les membres de l'OMC cherchaient désespérément à établir un programme de travail autour des négociations agricoles, espérant adopter une déclaration qui pourrait ouvrir la voie à des discussions futures à Genève.
Sur le front de la réforme de l'OMC, l'absence d'accord demeure préoccupante. L'organisation, déjà fragile face à des tensions géopolitiques et au protectionnisme croissant, peine à conclure des accords, sa structure souffrant de blocages importants, notamment en ce qui concerne le mécanisme de règlement des différends.
Enfin, les discussions sur le moratoire concernant les droits de douane sur les échanges numériques se sont également heurtées à des désaccords. Bien qu'un compromis de cinq ans ait été envisagé, le Brésil s'est opposé à toute extension au-delà de deux ans, comme l'a rapporté le ministère brésilien des Affaires étrangères sur X.







