Selon des rapports de l'Association est-africaine du commerce du thé (EATTA), plus de 6 000 tonnes de thé, d'une valeur totale d'environ 24 millions de dollars (21 millions d'euros), sont bloquées dans le port stratégique de Mombasa, en raison du conflit en cours au Moyen-Orient. Cette situation critique a été révélée le 27 mars par EATTA, qui organise les enchères de thé dans cette région, réputée comme l'une des plus importantes du secteur.
Bien que la Chine et l'Inde dominent la production mondiale avec respectivement 50% et 20,5% des volumes, le Kenya a émergé comme le leader des exportations de thé noir, surpassant d'autres pays comme le Sri Lanka. En 2022, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le Kenya a produit près de 543 000 tonnes de thé noir, un chiffre remarquable qui met en lumière l'impact dévastateur que le conflit actuel a sur cette filière.
La guerre a d'ores et déjà causé des perturbations majeures, touchant environ 65% du marché. George Omuga, directeur d'EATTA, a exprimé des inquiétudes face à l'ampleur du blocage, soulignant que cela représente la perte de millions de dollars pour l'industrie. "Six à huit millions de kilos de thé sont coincés ici à Mombasa," a-t-il indiqué à l'AFP.
Le Kenya, leader mondial du thé "Cut-tear-curl"
Le Kenya expédie principalement du thé noir de type "Crush-Tear-Curl" (CTC), qui est vendu en vrac lors des enchères. Cette méthode, bien que lucrative en volume, lui permet de bénéficier de marges réduites par rapport à ses concurrents, comme le Sri Lanka, qui propose également des thés conditionnés plus chers. Ainsi, malgré une augmentation des volumes exportés, le prix unitaire du thé kényan a chuté, accentuant les difficultés économiques de la filière.
Au-delà du thé, d'autres secteurs de l'économie kényane, comme l'horticulture et la viande, subissent également les conséquences du conflit. Le Moyen-Orient représente entre 10 et 15% des exportations de fleurs, ajoutant une pression supplémentaire à la filière. En outre, l'augmentation des coûts de transport et les ruptures de stock dans les stations-service exacerbent encore la situation, mettant en péril la stabilité économique du pays.
Vivo Energy Kenya, gestionnaire de stations-service de la marque Shell, a déjà fait face à des interruptions temporaires d'approvisionnement liées à une demande croissante. Le panorama économique du pays apparaît donc assombri par cette conjoncture internationale difficile, nécessitant une attention urgente de la part des acteurs concernés.







